Et donc pourquoi vous parle-je de cet illustre inconnu? A cause de cette petite vidéo, qui me fait penser que mon classement d'il y a quelques années aurait peut-être besoin d'un petit dépoussiérage...

Chouette, non?

Comment ça, vous ne comprenez rien à l'anglais? Bon je résume alors. Peter raconte sa rencontre avec Vlad l'astrophysicien à qui il pose unedeux questions: existe-t-il d'autres civilisations intelligentes dans l'univers et, si oui, pourquoi ne nous ont-elles jamais contacté? La réponse à la première question est simple, nous explique donc le scientifique de l'Est: oui. Il y a assez d'étoiles, de protéines et de planètes pouvant abriter des formes de vies diverses et variées pour que nous ne soyons pas les seuls êtres "intelligents" (la définition est assez floue: faut-il inclure les fourmis, les singes, les dauphins et les participants de la StarAc'?) du quartier.

C'est la seconde question qui est un peu plus compliquée: c'est en fait un affaire d'échelle. Si on réduit l'univers à la taille d'un gros ballon de plage, si on réduit son existence depuis le Big Bang à cinq minutes, comment peut-on représenter notre passage dans ce système solaire? Il y a fort à parier que l'Humanité, avec toute son Histoire, ses découvertes scientifiques et artistiques, ses vociférations, ses drames et ses moments d'extase ne sera guère plus qu'un minuscule pschitt. Nous, nos fusées, nos satellites et nos rêves de conquête spatiale: pschitt. Nous, nos 3000 ans d'Histoire, et notre avenir - 5000, 50000 ou 5 millions d'années: pschitt. Une étincelle. Un pet de moustique. un pschitt.

Si l'on essaye maintenant de visualiser toutes les civilisations intelligentes qui ont jamais émergé en 13.5 milliards d'années, nous verrons un pshitt par là, puis un par ici, et un autre dans cet autre coin. L'espace est simplement trop grand et le temps simplement trop long pour que nous nous rencontrions un jour. La dernière civilisation avant nous s'est étendue, a prospéré puis s'est effondrée il y a probablement bien longtemps et dans un endroit bien éloigné. Allez, il y a peut-être eu un coup de chance une fois: deux étincelles sont apparues dans le même coin au même moment. Ont-ils fait la guerre? La paix? Ont-ils échangé leurs connaissances et établi des liens qui les ont emmené encore plus haut et encore plus loin? Ce n'est au fond pas très important parce qu'ils sont tous morts aujourd'hui. Et nous le serons tous quand la prochaine trace notable d'intelligence montrera le bout de son nez.

C'est beau, hein? Nous, la grande Humanité qui court court court pour ne rien perdre de son passage sur cette Terre, qui déplace des montagnes, qui s'organise pour vivre et continuer à se développer ne sommes qu'un pschitt. Peut-être même ne serons-nous qu'un psch si nous continuons à consacrer le plus clair de notre temps à nous entre-tuer. Voilà quelque chose que nous devrions tous garder à l'esprit ou au moins nous rappeler une fois de temps en temps. Combien de conneries politicardes, de vulgarités prétentieuses et de grandioses déclarations inutiles éviterions-nous? Sérieusement, allez faire un tour sur France Info, le monde en est plein! Le bruit couvre le signal, dirait un électronicien patenté. Et qu'un astrophysicien imaginé (?) par un guitariste du fin fond du Wisconsin nous le rappelle une fois de temps en temps devrait être reconnu d'utilité publique.

Au passage si vous voulez connaître Peter Mulvey un peu mieux (c'est folk, un peu country et jazz de temps en temps, et ça a un bon groove coolos), voilà son site, son myspace, ses pages last.fm et wikipedia.

Love, Uncle A.