Prenons (au hasard...) un pays où il fait une chaleur à crever toute l'année et réfléchissons au meilleur moyen de rendre les températures intérieures supportables.

  • Première solution, on crie "Fuck this!", on met des grandes vitres partout et des climatiseurs réglés au minimum dans toutes les pièces. Avantage subsidiaire, on fait mourir de froid les étrangers qui n'ont pas été habitués à ces conditions d'intérieur rigoureuses, c'est bon pour la sélection naturelle. Par contre, niveau économie d'énergie ça la fout mal, mais ce n'est pas tellement grave, on fera une campagne d'affichage pour le recyclage et tout le monde oubliera qu'on consomme comme des cochons sur ce tableau-là. Et puis ça fait vivre les marchants d'air conditionné, c'est bon pour l'économie.
  • Seconde solution: on regarde comment les pays méditerranéens (entre autres) ont réglé le problème. Avec des persiennes. Tiens, c'est pas con ça! On pourrait équiper les fenêtres de volets qui, au contraire des rideaux, ne laissent pas rentrer la chaleur dans les pièces. Du coup, on n'a plus tellement besoin d'un ou deux climatiseurs par pièce. Plus assez de luminosité? Dans cette région du monde, on en est jamais vraiment à court, j'en veux pour preuve toutes les photos brûlées que l'ai dès que j'essaie d'immortaliser un morceaux de ciel. Et puis l'argument de la luminosité dans une région du monde où les chambres aveugles ne dérangent personne, c'est un peu à côté de la plaque. En plus ça ajoute facilement une dimension esthétique. Voilà une solution bien sous tous rapports.

Je vous laisse deviner quelle option on a choisi ici. Je ne sais pas tellement pour quelle raison: économique (construire quatre murs avec deux trous et un toit revient moins cher qu'une vraie habitation)? Culturelle? Psychologique? Religieuse (ça dérange peut-être le chi des chinois)?

Pour être tout à fait honnête, il faut dire qu'il y a quand même quelques bâtiments qui sont dûment équipés à Singapour. Les quartiers de Little India ou de Chinatown en font un usage extensif et on en retrouve sur la façade du MICA ou bien sur celle du Red Dot Museum:


Au moins vous savez pourquoi il y a "red" dans le nom...

Bref, je pense avoir mis le doigt sur l'une des grande énigmes du XXIème siècle. Autant je comprends que les tours d'immeuble s'en passent au profit du verre et de l'acier, autant pour ce qui est de l'habitat (et sorti des vieilles maisons locales), c'est un mur (sans fenêtres) d'incompréhension. Que font Lapeyre et Monsieur Store? Il y a un marché qui n'attend qu'eux ici!