Voilà pour le décor. Je vous laisse imaginer la liberté de parole du singapourien type dans ces conditions. Et bien figurez-vous qu'il y en a quelques-uns à qui la sécurité de l'état ne pose pas plus de problème que ça. Ce chauffeur de taxi de dimanche dernier, par exemple. Après les bavardages d'usage "Ah French. Ah long time in Singapore? Ah Embassy! Ah ok", le voilà qui enchaîne aussi sec sur "Singapore government is too much paid! ya know how much PM being paid lah? 4 milion dollars a year lah! 4 miiiilions! They say it's to avoid colluption but I tell you, they are doing the colluption! They mafia lah! They keeping aaaall the money for them and economy is bad because they did wlong and keep the money!" En singlish dans le texte. Les sous-titres donneraient un truc du genre "C'est vraiment une belle bande de fripouilles ces dirigeants singapouriens!"

La cohérence de la nation en a pris plein la gueule en un quart d'heure! Je ne crois pas avoir entendu un discours aussi véhément contre le gouvernement singapourien en deux ans, que ce soit dans la bouche d'un étranger ou celle d'un local. Je sais pas si c'est ma tête ou la France ou son humeur du jour mais il en avait des méchancetés à lâcher sur ses patrons et le seul frein à son pépiage aura finalement été l'arrivée à bon port. Pire qu'un taxi parisien, je vous dis. Effet de la crise? Peut-être. Singapour (re)découvre que le chômage et les déficits existent et ça fait tout drôle à certains après 15 ans de croissance de fou furieux...

PS: Ce post me permettra également de vérifier la souplesse de la politique singapourienne en matière de contrôle de son image sur Internet. Je l'espère suffisante...