Taman Negara
Par tOpaZ le 9 juillet 2008, 11:47 - Voyages - Lien permanent
Voyage avec Seb et Heïdi, étape numéro 2! Après le paradis des îles Perhentians, voici le Taman Negara (qui signifie mot pour mot "parc national" en malais, une fois encore, beaucoup de recherche dans le nom, oui) et sa jungle luxuriante. J'aime autant vous prévenir tout de suite, niveau curriculum c'est pas une novice, la jungle malaise: 4300 km² de la plus vieille forêt tropicale du monde (130 millions d'années, la même qu'à Bornéo si on oublie la tectonique des plaques) avec la biodiversité qui va bien et en prime le plus haut sommet de la Malaisie péninsulaire, le Gunung Tahan.

L'arrivée à Kuala Tahan (le point de départ des excursions dans le parc) après une journée à 8 dans un minibus sans clim' n'a pas été des plus mémorables: guesthouse très rudimentaire (une cabane de planches qui avait 20 ans, deux lits superposés avec des matelas pleins de bestioles qui grattent, pas de ventilateur, une fenêtre qui ne fermait pas,... Bref on remplissait tous les critères de "rootsitude" d'Heïdi) et forte pluie la nuit de notre arrivée qui nous a empêché de faire une première balade nocturne et nous a refilé quelques cauchemars peu appétissants.

Enfin on était pas là pour critiquer le parc hôtelier du coin, notre programme étant un trek de deux jours en pleine jungle: une quinzaine de kilomètres de marche, le genre de truc simple, non? Eh bien tenez-vous bien (mon Dieu quel suspens!): non. Parce que dans la chaleur moite rendue encore un peu plus oppressante par les précipitations récentes avec un sac à dos et dans la jungle, une moyenne de deux km/h constitue déjà un effort considérable (et pas seulement de lapin).
L'excursion consistait à remonter la rivière Tembelin une heure puis marcher pour se rendre jusqu'à un ensemble de cavernes où passer la nuit et revenir le lendemain. 4h de marche par jour en gros. Ça a très bien commencé avec la ballade en pirogue à contre-courant, superbe paysage, on a croisé quelques cochons sauvages et buffles d'eau, il faisait beau, bref tout bien.
C'est après que ça c'est un peu gâté. Le début de la marche a très bien été, pont de liane qu'Indiana Jones n'aurait pas renié et pas encore trop de sueur. Au bout d'une heure, j'étais déjà moins à la fête, je sentais des choses visqueuses remuer dans mes chaussettes et mon t-shirt chargé de sueur avait triplé de poids. Les arbres dans la forêt sont juste immenses (on a fait plusieurs pauses "mais quel est donc cette plante?" mais j'ai oublié les noms), les éléphants signalent leur absence par des bouses grosses comme une télé à tube cathodique, y'a des bruits, des petites bêtes partout. La jungle, quoi.

Quand on est arrivé à Gua Kepayang (notre grotte pour la nuit), nous avons découvert une grande caverne avec un plafond à 50m. Petit nid douillet, calme avec vu sur jardins, peu de passage si on excepte les chauve-souris et les mille-pattes venimeux, home sweet home. Il a encore fallu aller chercher le bois (j'avoue qu'à ce moment très précis, j'en ai eu un tout petit peu ma claque de marcher) et l'eau, nous installer, faire un feu. Notre guide, fin cuisinier de son état, nous a préparé un dîner au petits oignons, c'était parfait.

Une fois la nuit tombée, il ne nous restait pas grand chose à faire d'autre que de nous coucher, non sans avoir laissé nos restes de bouffe à quelques mètres pour avoir des choses à observer en cas d'insomnies. Moi, niveau insomnies et avec le sommeil de plomb que certains me connaissent, j'ai pas trop eu de problème pour m'endormir comme une masse. J'ai tout de même émergé deux, trois fois pour entendre Seb et Heïdi s'extasier sur un chat sauvage et un hérisson qui venaient terminer nos gamelles ou flipper parce qu'il y avait des cafards gros comme le poing à un mètre de nous. Je me souviens aussi avoir entendue une pluie lourde tomber dehors et quelques éléphants barrir. L'aventure, la vraie, vous dis-je!

Le lendemain matin j'étais moyennement frais mais je me suis rassuré en voyant que mes compagnons n'étaient pas au mieux non plus. La seconde journée de marche a été assez rapide finalement: le terrain un peu plus facile, moins de sangsues pour moi (pas pour Heïdi...) et la perspective d'un bon plat de roti canai en revenant à Kuala Tahan ont du jouer. Retour en pirogue, toujours aussi magique, avec en plus la satisfaction de se dire que dans l'heure qui allait suivre, j'aurai un lit, une douche et à manger. Trop bien.
Bon, il faut bien tirer une conclusion de ce trek. J'aurais clairement regretté de ne pas être aller voir la jungle lors de mon séjour en Asie et c'était assez top-moumoute dans le genre "moi aussi j'ai fait la Guerre du Vietnam mais sans guerre et en Malaisie". Et puis c'est vrai que c'est chouette comme endroit et qu'il y a plein de choses à voir pour peu qu'on ai un bon guide. Par contre, on n'a pas vu de tigre, on n'avait pas les casques coloniaux britanniques qu'on trop la classe, j'ai perdu un tiers de mon sang et surtout, surtout, on avait pas Internet. En un mot comme en cent: "le roots, point trop n'en faut!"
PS: Ah ouais, je me rends compte que je n'ai pas parlé de deux choses:
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les Orang Asli sont la peuplade locale. Des nomades qui vivent dans des cabanes et accrochent leurs morts haut dans les branches des arbres mais au reste je pense que les rencontrer n'a qu'un intérêt limité: ils portent des t-shirts nike et on les regarde fabriquer des fléchettes empoisonnées. Merci, au revoir.
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le palud n'est pas un risque dans la zone pour cause d'assainissement des marais environnants depuis quelques décennies. Bon c'est la jungle et y'a encore des moustiques mais la maladie semble avoir été éradiquée. Quand je vois certains effets secondaires des anti-paluds, c'est pas plus mal...