Mercredi 17 mars 2004: Concert co-organisé par l'Aéronef et l'association All Jazz (on va laisser tomber tous les commentaires nazes à propos de cette assoce pour une fois, en plus ils ont refait le site et ils sont toujours toujours en vie, ce qui devrait suffire à forcer le respect de ses détracteurs). Tête d'affiche: E.S.T. Qui avait proposé l'artiste? Bibi. Alors forcément, me dire que le bonhomme a passé l'arme à gauche samedi dernier, ça me fait tout drôle là et là, voir figure 1.

Ce n'est pas vraiment courant d'avoir à parler au passé d'un jazzman de 44 ans. On avait pris l'habitude de pleurer ceux qui en avait 80 ou 90, s'était gavés et surgavés de musique, avaient écrit la légende du jazz. Ils avaient vécu, s'étaient fait un nom et quittaient ce bas-monde au bout d'une vie bien remplie. Mais voilà-t-il pas que les plus jeunes s'y mettent! Voilà qu'Esbjörn Svensson meurt en plein milieu d'une carrière qui s'annonçait déjà comme réussie mais promettait encore de le porter vers des sommets rares pour un musicien de jazz européen. Quoique l'appellation de jazzman est un peu limite et c'est aussi pour cette raison très précisément qu'il rencontrait un succès certain auprès de jeunes générations qui n'ont rien à cirer de Coltrane, Blakey ou Armstrong. Mélange de Monk et de Radiohead, de jazz, de pop et d'électro, voilà un musicien qui était en mesure de modifier sensiblement l'orientation musicale de tout un pan du jazz. Même LeGzo a trouvé que j'avais eu une bonne idée en le trainant à un de ses concert, c'est vous dire. Le génie suédois laisse un bassiste (Dan Berglund) et un batteur (Magnus Östrom) orphelins après 20 ans de tournées (ainsi qu'une femme et deux enfants, le méga-bad).

Je n'ai qu'une chose à dire: "ihèsti meuwci bowcou". Comprenne qui pourra. Putain de lundi. *Sigh*