Tokyo, 1946. Le Japon est partagé entre l'annihilation par les vainqueurs alliés qui continuent de détruire le moindre élan de patriotisme dans les tréfonds de la société et l'ascension des nouvelles classes. Les rivalités entre factions sont souvent sanglantes, les futurs grands mouvements en sont encore réduits à des descentes de gangs dans les marchés de la ville. Un monde en ruine, à l'image de sa communauté et de ses esprits. La folie est proche. C'est dans ce contexte que se déroule l'enquête de l'inspecteur Minami, policier ni plus ni mois fou que la plupart des habitants de la capitale nipponne, à savoir complètement timbré, équilibriste sur une corde raide avec la démence pour ravin. Une enquête qui va au delà du simple cadre professionnel, débordant sur tous les aspects de sa vie.

La violence du livre est rare. Son écriture aussi. Littérairement parlant, c'est un anglais à peu près aussi construit que Tokyo au sortir de la Seconde Guerre Mondiale que nous sert David Peace. C'est peu dire que le livre, tant sur la forme que sur le fond est dérangeant. Mais c'est fait avec un talent qui sort du commun. Je ne sais pas ce que donnerait la version française mais en anglais, pour moi qui n'ai pas l'habitude, ça a été un peu laborieux. Ça vaut le coup hein, mais c'est dur. A ne pas lire si vous êtes au bord de la déprime ou si vous n'avez pas envie de réfléchir à des choses pas très rigolotes. Disons que si vous passez les 20 pages de la scène d'introduction sans vomir, ça devrait passer.