Le programme était simple:

  • départ le jeudi soir, voyage aller en mini-van de nuit
  • arrivée le vendredi midi à Redang
  • 3 jours 2 nuits de bonheur entre mer transparente, palmiers, snorkeling, bières et filles faciles (à faire rire bien entendu, bande de gros cochons)
  • départ le dimanche en début d'aprèm, retour en mini-van tout pareil que l'aller mais dans l'autre sens
  • arrivée à Singapour dans la nuit de dimanche à lundi
  • glande et récupération de toutes ces émotions le lundi

Bref ça s'annonçait bien. Dans la réalité ça a été un peu différent...

On est bien parti jeudi soir à 23h, sans encombres. Van plutôt confortable, si tant est qu'on puisse trouver un van confortable pour 12h de routes entassés à 10 + 2 chauffeurs malais. On passe la frontière plutôt rapidement, à 1h du mat, on était en Malaisie, toutes formalités administratives accomplies avec devant nous une nuit de route.

Et c'est là que nous avons fait notre première erreur: nous avons fait du change. Vous savez, le truc qu'on fait plus en Europe depuis qu'on est tous à l'euro? Ouais, ça. En soit, ce n'était qu'un acte anodin, mais nous n'avions pas calculé que le chauffeur allait... éteindre le moteur du véhicule. Nous n'avions pas non plus vu que le démarreur de notre rutilant dortoir roulant consistait en deux fils qu'il faut faire contacter et que ça ne marche pas à tous les coups pour cause de batterie défectueuse... Nous voilà donc à pousser le van en plein Johor Bahru pour faire repartir le moteur. Le temps de voir ce qui n'allait pas, de se décider, de rameuter ceux qui en avait marre d'attendre et étaient partis boire un verre dans le centre, nous avions perdu une heure, mais nous finissions par nous mettre en route.

Dans un périple comme celui-là, vous vous doutez bien qu'il faut faire le plein, ce qui me laissait espérer de nouvelles petites activités physiques en plein milieu de la nuit. Et bien non! C'est sans compter sur le fantastique mépris des malais pour tout ce qui touche de près ou de loin à la sécurité! Nous voici donc à remplir le réservoir, moteur allumé et chauffeur clope au bec en pleine nuit... J'étais bien inquiet au début mais en voyant qu'en fait tout le monde agissait de la sorte dans la station-essence, je me suis dit que bon, après tout pourquoi pas, du moment qu'on ne jette pas son mégot dans la grande flaque qui sens le carburant très fort, là...

J'ai somnolé le reste de la nuit au bruit de la variété malaise qu'écoutait les chauffeurs à fond. Ce sommeil léger m'a permis d'être le témoin d'une scène cartoonesque tout simplement mythique: Dumb et Dumber (nos deux pilotes donc) se battant sur la direction à prendre (par là! Non par là!) pour finir sur les zébras en plein milieu d'un carrefour.

Je ne dors jamais vraiment dans les transports et j'ai tout au plus pu m'assoupir une petite heure en fin de nuit. C'est dommage parce que j'ai raté quelque chose de très intéressant: deux de mes camarades d'échappée ont eu la joie d'ouvrir les paupières pour nous retrouver sur une bretelle d'autoroute... à contre-sens!

Pour faire bonne mesure, nous étions complètement perdus au matin et nous sommes arrivé à la jetée avec 5 bonnes heures de retard, juste avant le dernier ferry de la journée (à 15h). L'essentiel était sauf!

Bon après ça, le séjour en lui-même a presque été ennuyeux: eau limpide, snorkeling matin et après-midi, poissons de toutes les formes, de toutes les couleurs et de toutes les tailles, même pas de coup de soleil, nourriture à volonté, bungalows surplombant la baie et la plage, sifflage de bières les pieds dans le sable à la lumière de la pleine lune, je ne vais pas vous jeter tout ça à la figure une nouvelle fois, d'autant que les photos le font très bien à ma place...

Heureusement pour palier cet ennui paradisiaque, nous avons retrouvé Dumb et Dumber le dimanche en début d'après-midi pour 12h de route. J'ai été un peu déçu de ne pas découvrir de nouvelles fantaisies routières malaisiennes hormis les désormais traditionnels zigzags, dépassement dangereux ou remplissage du réservoir avec moteur allumé et pause cigarette simultanée...

Un peu avant la frontière avec Singapour, nous nous sommes arrêtés à un stand où un malais a rempli les cartes d'immigration de nos chauffeurs. Ce que je me suis mis à soupçonner dès lors m'a été confirmé pendant que je faisais le copilote dans Singapour: les bougres ne savaient ni lire, ni écrire. Mais pas du tout, même pas trois initiales. Je comprends un peu mieux que les pauvres diables aient eu du mal à trouver le chemin pour Kuala Terengganu sur 800km sans utiliser le moindre panneau indicateur! Du coup, je ne leur en voulais plus tellement d'avoir autant creusé à l'aller. Par contre, ça n'enlève rien à leur conduite aléatoire. Il faut que je vous fasse un post sur la circulation dans la région, c'est tout juste mythique. Rolyat, si tu passes par là et si tu te sens de t'y atteler, ma tribune t'es ouverte également, je suis sûr que tu as quelques anecdotes bien croustillantes pour nous là-dessus.

Bilan des courses: arrivée chez moi à 3h du mat' lundi matin, jour pas férié à Singapour mais j'avais prévu le coup et posé un jour de congé. On est génial, bronzé, fatigué et musclé de deux jours dans l'eau à courser des poissons ou on n'est pas :)