Redang
Par tOpaZ le 25 mars 2008, 05:05 - Voyages - Lien permanent
Week-end de Pâques oblige, me voilà avec un jour férié et 3 jours de congés "forcés". Ce n'est pas le lundi comme en France, mais le vendredi précédent qui est chômé. Enfin, au bout du compte, ça ne faisait pas de vrai différence pour moi vu que j'avais pris un jour de repos le lundi... Mais que faire de tous ces jours? Quelques jours d'indécisions et c'est sur l'île malaisienne de Redang (au nord-est de la carte) que nous jetons notre dévolu avec quelques amis.

Le programme était simple:
- départ le jeudi soir, voyage aller en mini-van de nuit
- arrivée le vendredi midi à Redang
- 3 jours 2 nuits de bonheur entre mer transparente, palmiers, snorkeling, bières et filles faciles (à faire rire bien entendu, bande de gros cochons)
- départ le dimanche en début d'aprèm, retour en mini-van tout pareil que l'aller mais dans l'autre sens
- arrivée à Singapour dans la nuit de dimanche à lundi
- glande et récupération de toutes ces émotions le lundi
Bref ça s'annonçait bien. Dans la réalité ça a été un peu différent...
On est bien parti jeudi soir à 23h, sans encombres. Van plutôt confortable, si tant est qu'on puisse trouver un van confortable pour 12h de routes entassés à 10 + 2 chauffeurs malais. On passe la frontière plutôt rapidement, à 1h du mat, on était en Malaisie, toutes formalités administratives accomplies avec devant nous une nuit de route.
Et c'est là que nous avons fait notre première erreur: nous avons fait du change. Vous savez, le truc qu'on fait plus en Europe depuis qu'on est tous à l'euro? Ouais, ça. En soit, ce n'était qu'un acte anodin, mais nous n'avions pas calculé que le chauffeur allait... éteindre le moteur du véhicule. Nous n'avions pas non plus vu que le démarreur de notre rutilant dortoir roulant consistait en deux fils qu'il faut faire contacter et que ça ne marche pas à tous les coups pour cause de batterie défectueuse... Nous voilà donc à pousser le van en plein Johor Bahru pour faire repartir le moteur. Le temps de voir ce qui n'allait pas, de se décider, de rameuter ceux qui en avait marre d'attendre et étaient partis boire un verre dans le centre, nous avions perdu une heure, mais nous finissions par nous mettre en route.
Dans un périple comme celui-là, vous vous doutez bien qu'il faut faire le plein, ce qui me laissait espérer de nouvelles petites activités physiques en plein milieu de la nuit. Et bien non! C'est sans compter sur le fantastique mépris des malais pour tout ce qui touche de près ou de loin à la sécurité! Nous voici donc à remplir le réservoir, moteur allumé et chauffeur clope au bec en pleine nuit... J'étais bien inquiet au début mais en voyant qu'en fait tout le monde agissait de la sorte dans la station-essence, je me suis dit que bon, après tout pourquoi pas, du moment qu'on ne jette pas son mégot dans la grande flaque qui sens le carburant très fort, là...
J'ai somnolé le reste de la nuit au bruit de la variété malaise qu'écoutait les chauffeurs à fond. Ce sommeil léger m'a permis d'être le témoin d'une scène cartoonesque tout simplement mythique: Dumb et Dumber (nos deux pilotes donc) se battant sur la direction à prendre (par là! Non par là!) pour finir sur les zébras en plein milieu d'un carrefour.
Je ne dors jamais vraiment dans les transports et j'ai tout au plus pu m'assoupir une petite heure en fin de nuit. C'est dommage parce que j'ai raté quelque chose de très intéressant: deux de mes camarades d'échappée ont eu la joie d'ouvrir les paupières pour nous retrouver sur une bretelle d'autoroute... à contre-sens!
Pour faire bonne mesure, nous étions complètement perdus au matin et nous sommes arrivé à la jetée avec 5 bonnes heures de retard, juste avant le dernier ferry de la journée (à 15h). L'essentiel était sauf!
Bon après ça, le séjour en lui-même a presque été ennuyeux: eau limpide, snorkeling matin et après-midi, poissons de toutes les formes, de toutes les couleurs et de toutes les tailles, même pas de coup de soleil, nourriture à volonté, bungalows surplombant la baie et la plage, sifflage de bières les pieds dans le sable à la lumière de la pleine lune, je ne vais pas vous jeter tout ça à la figure une nouvelle fois, d'autant que les photos le font très bien à ma place...
Heureusement pour palier cet ennui paradisiaque, nous avons retrouvé Dumb et Dumber le dimanche en début d'après-midi pour 12h de route. J'ai été un peu déçu de ne pas découvrir de nouvelles fantaisies routières malaisiennes hormis les désormais traditionnels zigzags, dépassement dangereux ou remplissage du réservoir avec moteur allumé et pause cigarette simultanée...
Un peu avant la frontière avec Singapour, nous nous sommes arrêtés à un stand où un malais a rempli les cartes d'immigration de nos chauffeurs. Ce que je me suis mis à soupçonner dès lors m'a été confirmé pendant que je faisais le copilote dans Singapour: les bougres ne savaient ni lire, ni écrire. Mais pas du tout, même pas trois initiales. Je comprends un peu mieux que les pauvres diables aient eu du mal à trouver le chemin pour Kuala Terengganu sur 800km sans utiliser le moindre panneau indicateur! Du coup, je ne leur en voulais plus tellement d'avoir autant creusé à l'aller. Par contre, ça n'enlève rien à leur conduite aléatoire. Il faut que je vous fasse un post sur la circulation dans la région, c'est tout juste mythique. Rolyat, si tu passes par là et si tu te sens de t'y atteler, ma tribune t'es ouverte également, je suis sûr que tu as quelques anecdotes bien croustillantes pour nous là-dessus.
Bilan des courses: arrivée chez moi à 3h du mat' lundi matin, jour pas férié à Singapour mais j'avais prévu le coup et posé un jour de congé. On est génial, bronzé, fatigué et musclé de deux jours dans l'eau à courser des poissons ou on n'est pas :)


Commentaires
Très bon le coup des chauffeurs qui savent pas lire (et à peine conduire) ! Tout de suite ça met en confiance...
Sinon ça commence à bien faire les photos de lagons paradisiaques ! Ici il fait froid et y a plein de nuages ! Et pas plus tard qu'hier j'ai marché dans 5 cm de neige... (sans être au ski of course). Si je n'avais pas prévu de venir voir tout ça de mes yeux ça m'énerverait presque ;)
Pour finir :
"la fantastique méprise des malais pour la sécurité"
Le fantastique mépris plutôt non ? Quand j'ai lu ça j'ai failli faire un malaise... (ok, je sors)
Yep, c'est corrigé. Je commence à flipper grave en ce moment parce que je fais de plus en plus de fautes graves en écrivant en français et que je cherche de plus en plus mes mots à l'oral. Le pouvoir de JCVD va finir par s'emparer de moi, argh!
Tiens, petit update sur le japonais, j'ai écrit ce soir mes premiers kanjis. Verdict: oh mon Dieu ça va être une boucherie, j'ai rien compris! Comme en plus je suis le seul de ma classe sans origines chinoises (les kanjis ressemble de loin au mandarin classique), j'ai une trouille dingue qu'on fasse ça à fond les ballons...
Quand ta mère a lu le mail, j'ai entendu un cri depuis de séjour : "Quelle horreur ! " Je suppose qu'elle en était au passage où il est question du contresens ...
Je n'ai pas crié, tout fort, mais j'ai bien ri ....jaune (normal pour l'Asie). Tes aventures, c'est entre Indiana Jones (vivement le 4 !) et les bêtisiers de fin d'année à la télévision ! Au fur et à mesure que je lisais, et surtout que je m'imaginais la situation dans laquelle tu te trouvais, mon malaise grandissait comme quand j'ai vu le dernier film des frères Coen ("No Country For Old Men", c'est à dire à me mettre sous le fauteuil.
As-tu pensé à tes pôv' parents ? Tu sais l'âge qu'on a ? Le cœur est devenu plus fragile.
A bientôt pour de nouvelles aventures.
A te lire, on dirait mon pain quotidien...
Quand j'ai lu le billet, j'étais en Australie, autre pays où ils roulent du mauvais côté. C'est donc un excellent point pour comparer, merci de m'avoir tendu la perche.
Oui, la Malaisie c'est bien comme ça, au volant ou non, après plus d'un an ici, c'est le pays du "who cares?" Le j'menfoutisme fait par toute un population et pas uniquement sur la route.
En Australie, les gens semblent un peu s'inquiéter pour les autres, quand ils roulent, ils ne collent pas au train, ne doublent pas de n'importe quel côté, ne balancent pas n'importe quoi par les fenêtres. Ici, quand tu tournes à une rue, t'es toujours en train de te demander si le Malaisien derrière toi ne va pas essayer de tourner avant toi, donc il coupe la route! Il est fréquent ici, que les gens, pour tourner, coupent la route des autres pour gagner 2 secondes (si c'est pas 1 seconde même), et donc si tu est sur ce troçon de route, t'es maaaal.
Sur le continent des kangourous, je n'ai pas utiliser le klaxon une seule fois. À peine sorti de l'aéroport de KL je l'avais déjà utilisé une fois: un gars déboîte sans regarder.
J'ai aussi eu droit, le même soir, à deux gars en mobylette à contre-sens sur l'autoroute KL-Ipoh, don't un sans lumière pour ajouter au fun.
C'est pas pour rien que la Malaisie a plus de 50.000 accidents par an, don't 17.000 je crois, mortels.
Une petite recherche internet me signale que le taux de tués sur la route est inférieur à 5 pour 10000 (comparable à la Belgique), soit moins de 6000 morts au volant par an.
A noter que les deux roues sont effectivement bien plus nombreux que dans nos contrées européennes et paient un lourd tribut au bitume malaysien. Enfin le jour où le marquage au sol ne sera plus considéré comme indicatif...
Hum... Il faudra que je regarde dans le Code de la Route malaisien (si, si, ils en ont un) de mon epouse (elle en profite pour tenter de passer le permis ici, tant qu'a faire) car les chiffres que j'ai mentionnes viennent de la.
Ah dans la categorie anecdote et "Bienvenue en Malaisie 2007, annee du tourisme en Malaisie", lorsque nous sommes arrives pour la premiere fois dans le pays, donc l'annee derniere, l'employeur a depeche un chauffeur a lui pour nous chercher. Il etait en gros entre 6:30 et 7:00 du matin heure locale.
On embarque dans le vehicule KIA (enfin NAZA, mais c'est pareil), deja pas de sieges pour les enfants (a l'epoque, ils avaient 1 an et 2 ans), ca met donc en confiance. On part de l'aeroport. Puis on roule. Deja je remarque plusieurs fois des mobylettes... sur l'autoroute, sans casque (bah oui, pourquoi faire?). Et puis notre chauffeur franchit allegrement les 120 a l'heure (la limite etant fixee a 110). Il continue (parle tres peu anglais d'ailleurs), hop l'aiguille arrive a 150, il talonne les voitures devant nous, leur fait des appels de phares (Degagez!). Son telephone portable sonne, il prend la communication et parle, parle, parle... Devant nous je vois deboucher un singe (macaque?), je me dis il va finir par ralentir tout de meme, voir meme s'arreter pour pas renverser la pauv'bete...
Bah non, meme pas, splotch, bang, bing, le chauffeur continue de parler au telephone, et il rigole avec son interlocuteur sans doute a propos du singe...
Confiance, je vous ai dit, non ? Meme pas 5 heures en Malaisie et deja on se sent mal.
Pour en revenir aux mobylettes, ici il est frequent de voir une famille de 3-4 personnes sur la mobylette... Le pere a le casque le plus souvent, parfois la mere, et beaucoup moins souvent les enfants... Quand on voit comment ils roulent, les statistiques ne sont meme plus etonnantes... mais "who cares?"
Bah je dirai moi, mais bon, ils s'en foutent, alors ma bonne dame, je trouve qu'il est plus simple de vendre des frigos au Pole Nord que de parler de securite routiere en Malaisie.