Hasard des hôtels et des tickets de bateau / d'avion encore disponibles (et ne nécessitant pas la vente d'un rein), le sort nous a dévolu l'île de Batam en Indonésie, à 1h30 de ferry de Singapour.

Quand j'ai annoncé ça aux collègues, on m'a fait comprendre que l'île était surtout connue pour ses prostituées et les maîtresses des maris singapouriens infidèles. Vu les femmes que j'ai aperçu, je trouve que les singapouriens n'ont pas très bon goût... Enfin ça n'avait pas tellement d'importance puisque le but avoué de ce voyage était le repos. Je n'avais nullement l'intention de partir à la découverte d'un nouveau pays et de passer mes journées en marches et en découvertes épuisantes, ce qui tombe bien vu que Batam n'a rien d'intéressant à proposer dans ce genre-là. L'endroit est assez crade, pas développé (ce qui en soit n'est pas un mal), semble miséreux (ce qui n'est pas vraiment de leur faute) et n'a pas d'infrastructures (je pense que la plupart des accidents de la route sont causés par les nids de poules qui les parsèment...). On trouve des chantiers partout mais tous abandonnés en cours de route par manque de volonté, d'argent ou simplement parce qu'on se rend compte au milieu des travaux qu'on est sur un terrain qui va se casser la gueule, qu'on a construit les murs de travers ou qu'on a oublié de faire des fondations (Ramm, range cette équerre et arrête de hurler, tu n'y peux rien si ils gâchent tout ce beau béton). Enfin j'en avais grand chose à faire donc, puisque j'avais décidé de faire mon gros connard de touriste ignorant qui reste enfermé dans son resort pendant tout le week-end.

Et la, mes enfants, j'aime autant vous dire que c'était autre chose: bungalows de style balinais (et non balais comme j'ai entendu hier...) parfaitement entretenus sur un flanc de colline verdoyante couverte de palmiers et de bougainvilliers, pelouse impeccable, plage et jetée privées entre les rochers, piscine avec vue sur la mer, personnel compétent et agréable. Du bois, de la pierre, de la verdure et la mer. Quel bonheur! Trois jours à jouer au Uno, à discuter et à lire au bord de la piscine avec quelques amis à l'ombre d'un soleil pesant mais adouci par un vent marin idéal. Les quelques petites contrariétés survenues en trois jours (les moustiques, une furieuse envie de tuer certains enfants braillards, ESPN qui annonce France-Irlande et qui diffuse du Basket à la place) n'auront même pas suffit à me pourrir la vie. J'avais décidé que je serai de bonne humeur et relaxé, ça a parfaitement marché.

Dernier petit détail, juste pour vous faire baver encore un peu et pour décider les quelques indécis à venir me voir cet été: le massage! J'ai un peu honte de dire que je n'avais toujours pas fait ça depuis mon arrivée mais c'est réparé. A l'heure ou la lumière décline avec pour seuls bruits la fontaine qui tombe dans la piscine et plus loin un groupe traditionnel indonésien de chanteurs et de percussionnistes. Sentir son corps fatigué après ça avec un Cuba Libre en guise d'apéro. Je recommencerai!