Noël en tongs, Pâques en sarong
Par tOpaZ le 10 janvier 2008, 01:49 - Voyages - Lien permanent
13 heures d’avion à partir de Roissy. Partis de Bordeaux 7 heures plus tôt, c’est dire si nous connaissons l’aéroport Charles De Gaulle que nous avons arpenté d’un terminal à l’autre pour passer le temps et dégourdir à l’avance nos pauvres jambes soigneusement gainées dans des chaussettes de contention et qui allaient souffrir d’une longue immobilité forcée, coincées entre les fauteuils étroits de la classe économique d’un Boeing 747. Une nuit d’avion avec au départ 1h30 de retard, des enfants qui braillent et la vidéo en panne. Pour au bout de cette longue nuit découvrir à travers la vitre d’un aéroport luxueux (marbre, moquettes épaisses, dorures, pas de doute nous sommes chez les riches) le sourire ravi de notre Titou bien-aimé, qui nous attend en short, t-shirt et tongs alors que demain c’est Noël et dont nous sommes privés depuis des mois. Nous tombons dans les bras de ce garçon mal rasé et qui pique quand on l’embrasse, mais quand même on l’embrasse et nous voilà, avec nos manteaux sur les bras, dans cette nuit chaude, emportés dans un taxi qui roule à gauche, traversant une profusion de guirlandes de Noël alors que de toute évidence c’est l’été. Dépaysement immédiat, l’Asie est là.
Quatre jours de visite de Singapour! Quelle ville! Bonne surprise, la chaleur finalement c’est bien: rien d’étouffant. Un petit 30° au plus fort de la journée, 26° le matin et le soir. La température idéale pour une garde-robe d’été. A l’hôtel, la clim fait à peu près le même bruit que les moteurs de l’avion; le voyage continue...
Donc Singapour: Des buildings avec pour certains une très belle architecture futuriste, des villas, du bruit, de la lumière et une verdure qui ridiculise à tout jamais nos plus belles plantes vertes. Pas un papier par terre, il doit y avoir des aspirateurs cachés qui avalent poussière et détritus au fur et à mesure, des centres commerciaux (des malls c’est ça?) immenses, toute l’industrie du luxe français et italien est là et des gens qui courent les magasins nuit et jour, 7 jours sur 7, les temples de la consommation sont ici. Une foule de gens tous jeunes, minces et beaux. Où mettent ils les vieux? Aurélien prétend qu’ils les cachent. Il est interdit d’être moche.
Là nous ouvrons une parenthèse: (Les filles, pour la plupart chinoises, sont habillées en fille ce qui se fait rare chez nous: elles portent de petites robes légères, très courtes, à fines bretelles ou bien des shorts moulants. Elles sont superbes et il y en a des milliers. Comment Aurélien se débrouille t’il pour ne pas avoir de copine ? Nous n’avons pas pu éclaircir ce mystère durant notre séjour).
Quand il n’y a pas de magasins c’est qu’il y a des restaurants ou des bars pour faire la fête. Envie de tout goûter dans les food courts: de la cuisine chinoise surtout mais aussi indienne, malaise, thaï, des fruits étonnants très colorés dont celui qui sent mauvais mais vraiment très mauvais: le durian et que finalement nous n’avons pas essayé (c’est difficile, comme il est obligatoire de le consommer sur place, il faut supporter ce puissant parfum qui fait penser à quelque chose de pourri). Plein de choses agréables à manger avec de temps en temps le truc « spicy » qui arrache les papilles (ça c’est plutôt indien).
Aurélien, en garçon rigoureux et organisé nous à conduit de Chinatown à Little India, des quartiers très différents, très colorés où là aussi le commerce bat son plein: A Little India des boutiques remplies d’or, ça brille de partout, le baroque de chez nous ou la déco espagnole font un peu ternes à côté des tissus et des ors indiens. Des maisons aux couleurs vives, une foule paisible dans les rues, des odeurs d’épices. Et la chaleur. Nous avons tellement marché ces jours là que le soir on pouvait avoir l’impression de ne plus avoir de peau sous les pieds.
Notre guide et fils Chéri, Aurélien, aime à ménager ses effets et a une âme de chef que nous lui connaissons tous. Il ne nous a dévoilé notre programme qu’au fur et à mesure et en garçon organisé (c’est son côté germanique) il avait tout prévu.
La deuxième partie du voyage s’est faite en Malaisie. D’abord Kuala Lumpur puis Langkawi: île au nord-ouest de la Malaisie, tout près de la Thaïlande . Contraste avec Singapour : on retrouve les buildings, le luxe des hôtels (grand hôtel à Kuala Lumpur avec une chambre grande comme un hall de gare et un lit large d’au moins 2,50 m) mais aussi une misère visible, des bidonvilles, des chantiers abandonnés, des papiers et des détritus au sol même à proximité des endroits les plus chics. Nous ne sommes plus dans Singapour-la-contrôlée, en Malaisie la vie est là, grouillante et contrastée, riche et misérable.
Dans la quartier chinois de Kuala Lumpur, ce petit malin nous a emmené dans la rue des contrefaçons: toute une rue pleine d’objets Chanel, Cartier, Gucci, Prada, Dior, des montres par milliers, des bijoux, du cuir, des bagages… à des prix incroyables. Exemple: une montre Cartier à 6 euros. Finalement, il n’y a que la peur du douanier qui nous a retenu.
L’année s’est terminée sur une plage de sable blanc à Langkawi. Quelques jours plus tôt, nous avions loué un bateau et son skipper pour un tour dans cet archipel: c’était le 30 décembre, la mer était turquoise, transparente et à au moins 26°, nous nous sommes essayés au snorkeling et retrouvés nez à nez avec des poissons bizarres dont certains ressemblaient aux Dalton. Une île déserte, couverte de végétation dense donnant une ombre propice à la sieste après la baignade, un paysage de rêve. Le pied! Retour tranquille avec un détour dans les mangroves où on peut observer les aigles qui viennent se nourrir dans la mer. Le silence s’emplit alors du bruit continu et strident de la jungle.
Dire qu’en France il gèle!
31 décembre sur une plage, quand la nuit tombe des feux s’allument sur le sable. La plage est bordée de paillotes où les derniers dîners de l’année s’organisent. C’est là que nous finirons 2007, à table et les pieds dans ce sable si fin qu’on dirait du talc.
Un feu d’artifice pour commencer 2008.
Deux jours plus tard il faudra reprendre l’avion. C’est fini. Déjà!
Dernière étreinte au fils chéri.
Bonne année.
Liliane & Gogo
Commentaires
tres bonne année à vous, j'ai l'impression que c'etait un tres chouette voyage; vous etes tres mignons sur la premiere photo ; )
C'est beau de se faire bacher online par maman !
Huhu, c'est aussi ce que je me suis dit :)
Clair que ça balance :)
Hum je pense que je vais m'imprimer ce récit, le garder dans mon chéquier en permanence, afin de réduire mes dépenses et me payer pour l'été projet un aller-retour en classe éco à SIngapour !
"notre Titou bien-aimé"
Haha, Titou, comme ça te va bien ! Pourquoi pas...
"Il est interdit d’être moche"
et tu as réussi à y passer déjà 9 mois, chapi chapo mon cher Aurel ;)
"Titou": Ah zut, ça s'est vu. J'ai failli censurer mais j'ai finalement décidé de la jouer profil bas en me disant que de toute façon vous liriez pas. Gasp.
Vous êtes tous les bienvenus ici, bien entendus. L'agence de voyage tOpaZ&co. vous propose des programmes et des excursions pour groupes de toutes tailles et à toutes périodes de l'année (jusqu'à octobre prochain, à priori date de mon départ de Singapour) à prix concurrentiels :)
Je viens de trouver une description de l'odeur du dourian ( durian?) dans un petit traité sur les curiosités gastronomiques. Description donnée par un cuisinier américain Anthonny Bourdain que je cite: " ça sent un peu comme si vous aviez enterré quelqu'un serrant une roue de fromage de Stilton dans ses bras, et déterré le tout au bout de quelques semaines."
Ça me parait assez ressemblant...
Pour avoir déjà gouté au durian quand j'étais parti plus jeune sur Bornéo avec ma famille, le fruit possède une texture crémeuse et un goût relativement doux et savoureux. Seule l'odeur rébute les néophytes. Pensez un peu à un Singapourien devant une bonne portion de Reblochon et vous aurez à peu près l'équivalent de ce que vous avez raté (^_^).
Cela dit c'est vrai que ça sent vraiment mauvais. Une petite anecdote me revient et j'aimerais avoir confirmation d'Aurel : lorsque j'étais passé à Singap lors du même voyage, il y avait dans le métro un panneau spécial "Interdit de transporter des Durians". J'avais trouvé ça assez fendard à l'époque de voir le fruit barré sur le panneau d'interdiction ='D
Pour continuer avec ce fruit étonnant que finalement je regrette de ne pas avoir goûté et dont on dit qu'il a une saveur étrangement grisante: Un fruit peut peser jusqu'à 2 kg et il n'est pas rare que l'arbre qui le porte atteigne 30 m. Ce qui fait que les chutes de Durian peuvent être fatales!
Un anglais du nom D'alfred Wallace, notait en 1869: " Quand les dourians mûrissent, il en tombe presque toutes les heures, qui parfois blessent les personnes se promenant ou travaillant sous les arbres. Un dourian qui s'écrase sur quelqu'un cause une blessure atroce, avec son poids et ses grosses épines qui déchirent la chair; mais pour ces raisons mêmes il entraîne rarement la mort, l'abondance du saignement prévenant l'infection qui surviendrait autrement."
Attention Aurélien, à Singapour il peut être dangereux de se mettre à l'ombre.
Un rapide coucou à tout le monde, une incroyable masse de travail (normalement les deadlines, on les repousse avec le temps, on est d'accord? Eh ben ici, on les avance. Ils sont fous ces singapouriens) et quelque demoiselle accaparent mon temps. Je voulais vous faire un article sur le durian mais je ne sais pas si il y aura encore grand chose à dire après votre discussion. Enfin de toute façon je vais être beaucoup trop occupé pour écrire cette semaine. Je vous laisse les clés, dégueulassez pas tout bande de petite polissons (de la chan-son) :)
Eh, Oh, c'est quoi ça Aurélien? Tu nous écris un petit message où tu fais allusion à " quelque Demoiselle" qui accapare ton temps et tu nous plantes là? Nous savons tous que tu as le sens du suspens mais là c'est trop! Je suis sûre que tes petits camarades sont comme moi: nous brûlons tous d'en savoir plus!
Mais non, mais non, vous vous faites idées. Et ça n'a rien à voir avec le fait que je fasse exprès de laisser des phrases qui peuvent être comprises de travers dans les commentaires...
La demoiselle en question est une gentille coréenne jolie comme un coeur mais qui a la mauvaise idée de quitter Singapour dans 10 jours. Du coup, on passe un peu plus de temps ensemble ces derniers temps, mais rien qui ne justifie un suspens insoutenable.
edit: Bon alors erm... en fait ça s'est un peu mieux passé que prévu et je ne suis plus célibataire jusqu'à samedi prochain, à priori. Je crois que l'expression consacrée est "w00t! \o/".