Le plan de départ était assez simple: arrivée à Phuket le jeudi en milieu de journée, une nuit sur place, ferry le lendemain matin pour Koh Phi Phi (Koh signifie îlem pour la prononciation tout le monde n'est pas d'accord entre kopipi et kofifi, perso j'alterne comme ça y'a pas de jaloux ^^), retour sur Phuket le samedi en début d’aprèm et avion pour Singapour le samedi soir pour profiter du dimanche à la maison. J'avoue être parti un peu "à l'awach'" puisqu'à part les billets d’avions, je n'avais rien réservé une fois sur place. Enfin le logement ou les transports locaux n'auront vraiment pas été mon plus gros problème, vu que le temps avait décidé de s'en mêler. En voyant les îles en contrebas depuis l'avion j'étais optimiste mais voilà qu'une fois au sol, c’est un couvercle nuageux qui m'accueille. Une fois à notre hôtel, la pluie avait pris le relai. Même tarif le vendredi matin en arrivant sur Koh Phi Phi mais la suite nous a ensuite un peu plus réussi: les nuages sont passés du noir au gris, puis du gris au blanc pour finalement nous laisser profiter d'une heure de soleil avant la nuit. Samedi a été parfait: soleil de plomb, quelques nuages, un peu de vent... Tout cela avait une nouvelle fois disparu au moment de prendre l'avion du retour sous les cordes (le vol aura été un peu mouvementé d'ailleurs).

Je ne vais pas pouvoir vous en dire beaucoup de Phuket parce que le peu que j'ai vu était de nuit ou sous la pluie. Ce temps ne me posait pas tellement de problèmes parce que ma seule ambition pour ces 3 jours était de glandouiller, lire et de me reposer (pas de folies nocturnes donc, mode mamie activé). Ah oui, j'ai oublié de vous préciser que nous n'étions que deux pour ce voyage : Julie, collègue de l'Ambassade était la seule à m'accompagner (en fait c'était moi qui l'accompagnais, l'idée de départ venant d'elle), les autres nous ayant lâchement abandonné. Et non, ce n'est pas ce que vous croyez. La seule chose que je peux vous conseiller de Phuket reste l’hôtel Heritage Phuket situé sur Karon Beach (normalement une plage bien mais de nuit et sous la pluie, bof).

L'entrée de l'hôtel

Tout l'intérieur a été refait à neuf récemment, les chambres sont très agréables et les fauteuils de la terrasse sont diablement confortables. Je peux aussi dire du bien du bar juste à côté où j'ai fait une petite entorse à mon régime actuel en m'autorisant une bière en regardant la pluie tomber dehors. Je suis en mode "pas d'alcool" depuis le début du mois en préparation du 10km qui se courra à l'occasion du Marathon de Singapour dans 3 semaines mais je ne regrette vraiment pas ma Singha Beer qui m'aura fait découvrir ce cache-bouteille (un peu comme un cache-pot mais pour une bouteille, ouais) qui serait du plus bel effet dans vos soirées mondaines:

J'ai demandé si ils avaient la même en bleu kad mais non. Dommage, hein?

Voilà pour Phuket. Ca ne fait pas beaucoup, je sais. Mais y ayant passé moins de 24h en tout, ça n'allait pas être fantastique surtout vu le temps... Vous allez voir, j'ai plus de choses à raconter sur Phi Phi Island. Comme la photo tout là-haut vous le montre, l'île est composée de deux massifs montagneux reliés par une bande de sable, créant deux baies où les hauts-fonds donnent à l'eau cette couleur turquoise. Autres conséquences, la marée basse découvre très vite une immense plage et à marée haute, on a encore pied avant d'être fatigué de nager. Heïdi sera contente d’apprendre qu'elle n'a cette fois rien perdu niveau snorkeling: les fonds marins ne recèlent pas tellement de coraux (à moins de vraiment s’éloigner mais là aussi, une certaine vague de 2004 n'a pas tellement aidé) et j'ai tout juste pu voir une famille de petits bleus.

L'île avait été particulièrement ravagée par le tsunami il y a presque 3 ans justement et la reconstruction s'est faite à fond les ballons pour ne pas se priver en plus de la manne touristique (principalement en provenance d’Allemagne, de France et des pays scandinaves) et pas vraiment dans le souci d'une intégration réfléchie au décor naturel. Je n'ai pu que me lamenter devant les ravages de ce développement outrancier mais il faut croire que les gros sous de certains ont raison de pas mal de réticences dans ce pays "en voie de développement" (je trouve cette expression gerbante; on devrait dire "sous-développé" mais pour ne pas choquer la fierté des uns et la bonne conscience des autres, on fait dans la mièvrerie et la fausseté en sachant très bien qu'on ne trompe absolument personne). Je me rends bien compte que j'y participe et ma conscience de ce qui se passe là-bas et un comportement intelligent sur place ne suffit pas vraiment à me sortir du lot des "agents polluants". Je repense aussi à cette fille à l'aéroport qui accompagnait un vieux monsieur vulgaire et arrogant. Elle devait avoir mon âge, elle était magnifique, discrète et paraissait intelligente; je lui aurai offert mon bras (touss) sans la moindre objection mais c'est le portefeuille de celui-là qui avait l'air de l'intéresser. Je ne vois pas trop la différence entre du pillage et ce genre de pratique. Et que penser de ce port qui accueille les ferries modernes et luxueux sur un quai et les carcasses de chalutiers qui pourrissent sur un autre ?

Oh les beaux bateaux :/

Pour revenir à notre île et ne pas déprimer là-dessus, il y avait quand même quelques petites choses très sympa comme ce café équipé d'une bibliothèque amassée ça et là dans diverses langues dont la terrasse ombragée était alimentée en jazz toute la journée. Je serai resté plus longtemps, j'en aurai fait mon repère le temps d'un roman noir ou deux. Les nombreux bars faits de bric et de broc en bord de plage était aussi fort accueillants: jouer au billard les pieds dans le sable entouré de cabanes comme j'en rêvais quand j'étais gosse avec de l'électro-lounge à l'heure de l'apéro, ça vaut son pesant de cacahouètes...

Je retiendrai aussi les hôtesses de Jetstar (désolé les amis, pas de photos) ou la superbe leçon de singlish (l'anglais parlé à Singapour) du magazine de la compagnie aérienne. Ce dernier explique comment prononcer différentes phrases-clé dans les langues de la région. Dans la case "Singapour", on peut lire: "Ajouter simplement "lah" à la fin de chaque phrase en anglais. Appuyez bien cette syllabe comme le feraient des français. Rien à voir avec la légèreté d'un do-ré-mi-fa-sol-". Je trouve ça assez bien trouvé. Le magazine était au reste un superbe exemple de conception graphique pour plaquettes touristiques.

Il a fallu faire un effort au moment de repartir pour ne pas retourner me vautrer dans le sable blanc et la mer azure

Voilà voilà pour ce voyage. J'en ramène pas mal de repos, quelques coups de soleil qui sont en train de passer et des images plein la tête et plein l'album photo. De quoi bien lancer la dernière ligne droite de l’année!

P.S.: Je n'arrive pas à me faire au rythme des saisons! Quand j'ai vu les arbres et décorations de Noël dans les magasins la semaine dernière j'ai eu comme un choc. Il faut dire que le temps d'ici pouvait (avec beaucoup beaucoup beaucoup d'imagination et un peu de réchauffement climatique) me laisser penser avoir vécu depuis mon arrivée un printemps chaud, un été normal et un automne particulièrement clément. Mais Noël sans froid (j’associe plus Noël au froid qu'au mauvais temps ou à la neige), ça me chatouille un peu le cortex...