Allez, on va commencer par demander son avis au guide du routad déjà. Mon petit guide, c'est à toi:

Singapour est une grande ville moderne, mais contrairement aux autres mégalopoles, elle connait peu les problèmes de traffic et d'embouteillage. Singapour est le seul pays d'Asie (sinon du monde!) à avoir osé remettre en cause le droit de chaque individu à posséder une automobile.

Merci bonhomme, tu peux aller te rendormir. Alors premettez-moi de m'esclaffer un coup: BOUHAHAHA. Voilà, ça, c'est fait. Je propose à nos amis du routards de venir faire un tour dans un bus singapourien un matin vers 8h ou un soir vers 18h. "Peu de problèmes de traffic et d'embouteillage". Ok c'est pas le périph' parisien, ok les touristes ils sont pas levés à 8h et à 18h ils sont à l'apéro, mais des embouteillages, il y en a, et des pas jojos. Comme par exemple vendredi matin ou il m'a fallu une heure de bus pour faire 2km sur Clementi Road.

Bon alors, je rectifie. Et je propose ceci: "Depuis quelques années maintenant, Singapour cède progressivement aux lobbies automobiles et laisse grimper en flèche le nombre de véhicules autorisés sur l'île. Comme l'excellente infrastructure routière de la Cité-état n'est pas dimensionnée pour cette croissance, les embouteillages se multiplient aux heures de pointes."

Je vous explique un peu le pourquoi du comment. Singapour a un problème: du fait de ses 4 millions d'habitants, son marché intérieur est quasi-inexistant et c'est un handicap fort pour sa micro-économie. La solution est de viser les voisins honk-kongais et leur 8 millions d'habitants. Objectif: atteindre 6 millions à l'horizon 2010. Comme en plus, des cadres ça serait mieux pour le prestige du coin, on va taper dans l'étranger qui a des sous. Sauf qu'un pdg n'ira pas salir son beau costume dans un transport en commun. Là encore, le gouvernement est bien content puisque les voitures sont taxées au prix fort (100% de taxe de luxe, bim) et que c'est autant de sous pour eux. Mais la contrepartie c'est l'au revoir aux moments de calme dans les rues singapouriennes, il passe à toute heure une voiture à proximité. Je suis régulièrement réveillé par des taxis nocturnes en maraude dont le radiateur tourne toute la journée dans un air à 30°C et fait parfois autant de bruit qu'un camion de chantier en première sur l'autoroute (je ne mens presque pas).

On résume: Singapour en voiture c'est le bordel. Même si ce n'est pas encore le drame de certaines villes congestionnées, les vannes sont ouvertes et le bon vieux temps des routes désertes est terminé.