Uncle Ben's sait faire un bon café!
Par tOpaZ le 24 août 2007, 09:14 - Elite 2.0 - Lien permanent
Adelscott arriva devant sa porte. La petite plaque dorée qui indiquait "Private Investigator" aurait eu besoin d'un coup de lustre mais c'est surtout ses clés qui préoccupaient le privé new-yorkais. Son esprit brumeux avait bien du mal à diriger ses mains de manière rationnelle dans chacune des poches de son veston. La seule lumière qui éclairait le palier était celle de l'enseigne lumineuse du club de jazz au rez-de-chaussée de l'immeuble, néon rose et bleu qui projetait une lumière irrégulière par la fenêtre et découpait l'ombre d'Adelscott en train de sortir ce putain de trousseau de clé de sa poche droite.
L'intérieur du bureau était aussi miteux que l'extérieur. Des amas de papiers et d'ordures jonchaient le sol et les meubles, les tasses de cafés sales le disputaient aux journaux du mois dernier et la poussière régnait en reine. Mais Adelscott aimait bien ce bordel ; c'était le sien et il restait finalement une des seules choses qu'il contrôlait autour de lui. En entrant, il jeta son feutre sur le porte-manteau et ôta sa veste. Faisant le tour de son bureau, il retira une pile de documents de son siège et s'y affala lourdement. Son Smith & Wesson quitta son Holster et disparut dans un tiroir. Le détective attrapa une bouteille de Whisky quasiment vide et remplit un verre qui traînait parmi le capharnaüm. Il en but une longue gorgée, sortit une cigarette qu'il alluma et consulta sa montre. 5h. Par la fenêtre ouverte, la rumeur de la ville annonçait la fin de la nuit. Dans le bar en bas, les derniers habitués rentraient se coucher et les musiciens laissaient tomber les dernières notes d'un blues qui finissaient de se consumer. Les braises seraient juste assez chaudes pour promettre au jazz de flamber de nouveau la nuit prochaine. Un ivrogne insulta un automobiliste trop pressé et s'effondra dans les cartons de la ruelle en contrebas.
Tout cela ne parvenait à Adelscott que partiellement, comme à travers un voile. Il était las. Il repensait à l'enquête qu'il venait de boucler. Tout avait commencé avec le cadavre de cette danseuse. Si ce n'était pas lui qui avait découvert le corps agonisant de la pauvre Chocapic, il n'aurait probablement jamais essayé de découvrir quel mystère se cachait derrière ce meutre. Combien de temps lui avait-t-il fallu pour rétablir le lien avec ce patron véreux du Nestlaid, ce bar à pute du 3ème disctrict? Ce gros bonhomme, vil et lubrique avait préféré se débarrasser d'une danseuse devenue trop gênante et pas assez rentable pour la remplacer par sa nouvelle maîtresse, une asiatique du nom de Koko Krunch. On tuait parfois pour pas grand chose, conclut le privé avec un sens aigüe du lieu commun... Il reposa son verre vide. Le mégot de sa cigarette alla rejoindre ses consoeurs sur le parquet et Adelscott ferma les yeux en se laissant sombrer dans le sommeil tandis que les premiers rayons de soleil illuminaient déjà les sommets des gratte-ciels...
Tout ça pour vous dire que si vous voulez des Chocapic ici, il faut chercher des Koko Krunch. Ouais, je sais que vous vous en foutez mais bon, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois. Peut-être même que je vous gratifierai d'un titre qui veut dire quelque chose et qui est en rapport avec mon post mais c'est encore à voir...

Commentaires
moi j'ai adoré ce post. :D
Non pas pour le coté culturel du truc ( car bon, ca m'étonnerait que j'aille un jour à Singapour pour manger des Chocapic ) mais pour le coté polar...
bien rédigé, marrant, on croirait lire une nouvelle d'un auteur oublié... J'en veux encore !
Un post qui fait honneur à la rubrique Elite 2.0 !
Moi je dis bravo.
Ha ha.
Deux choses :
1/ t'écris vraiment bien !
2/ "bar à pute" j'espère qu'il y en a plusieurs quand même, sinon paye ton bar ! :)
J'ai toujours deteste les films de detective, donc merci pour avoir tourne ca en ridicule, surtout si c'est a la gloire des Chocapic (ici ils ont des rayons de cereales plus grand que les rayons de fromages en France, mais pas de Chocapic a l'horizon...).
Remarque marrante auxilliaire sur les charmes du marketing: le gentil Pico a ete remplace par un koala, dont le charisme souffre de la comparaison avec le gentil chien chocolaphile.
Un sens aigue du lieu commun...
Béh moi, j'ai toujours adoré les films et les romans noirs. J'en tiens pour preuve l'étagère de bouquins de séries B à couvertures noires et jaunes qui est restée en France. Alors oui, c'est souvent convenu et les clichés du genre sont nombreux mais j'aime bien essayer de trouver l'assassin avant le personnage principal. Et puis de temps en temps on tombe sur un truc vraiment différent. Bref pour moi c'est un genre de littérature qui mérite qu'on y intéresse ses neurones.
Et ouais je sais toujours pas faire un post sans faute d'orthographe :(
La serie du Masque noir (si je me souviens bien du nom) j'aime beaucoup aussi.
Quand je parlais de detective, je parlais du detective prive "cliche", souffrant dinsomnie, d'alcoolisme et de depression.
Une Miss Marple qui solutionne une enigme, en apparence par le plus grand des hasards, ca j'aime bien.
Ca, pour être bien écrit, pas de doute. En même temps, vu le nombre de bouquins de ce genre que j'ai vu mon frère s'enfiler pendant sa pré-adolescence, son adolescence, sa post-adolescence, et même aujourd'hui si le temps et les moyens lui permettaient, il ne lui aura fallu que se souvenir d'une scène d'exposition lambda... C'est là qu'on sent que ça a été drôlement bien assimilé et que ca ne sert pas tant à rien que ça! Parce que c'est vrai que niveau écriture, si c'est tout du Aurélien, je tire mon chapeau (un feutre noir un peu passé, que je jette non chalament sur un pied de cymbale qui me sert de porte manteau, où s'entasse veste civile, militaire, et de cuisine). (ya de l'ambiance là aussi, je devrais peut être ecrire un bouqin policier moi). pour en revenir à ce formidable post, le titre vaut sans doute la phrase que je mettrai en exerg de ce commenctaire: "...ave un sens aigue du lieu commun...". Ca ne raconte rien, mais des posts comme ca, j'en lirai a longeur de journée, pour peu que mon ingénieur de frangin ai le temps de les ecrire, ce qu'à sa carrièe ne plait guère, mon frère ayant choisit de bosser dur plutot que d'être fonctionnaire. Chômeur, pardon...
Mais bien sûr que j'ai tout écris moi-même! Bon ça fait une semaine que je vous ai délaissé je vous prépare un petit post pour vous raconter ma semaine chargée dans la journée; j'ai déjà le titre en tête.
Content de voir que tu passes régulièrement par ici Achille. Finalement, la famille se retrouve plus souvent ici qu'autour d'une table quand j'étais en France. Quand je vous dis qu'il doit y avoir un gène du geek et que c'est pas ma faute si je perds des journées entière devant mon PC :)
Et je pense que Gogo goûtera particulièrement la remarque sur les fonctionnaires. Je remets de l'huile sur le feu si je veux, ouais.