Ce week-end j’ai rencontré pour la première fois, l’Asie. La vraie. Pas celle artificielle de Singapour ni celle touristique des îles malaisiennes, mais celle avec les tuk-tuks, la pollution, les fils électriques partout en l’air, la misère et le joyeux bordel qui font aussi le charme de cette région du globe. Pour l’occasion j’avais pris le premier congé de ma vie de travailleur. Verdict : c’est très bien les congés, j’en reprendrai. Je préviens de suite, mon câble d’appareil photos est resté chez un copain donc vous n’aurez d’images que dans une semaine au mieux. Et un post un peu indigeste du coup...

Le lieu s’annonçait différent de ce que j’avais connu jusque là, le programme et les gens avec qui je partais aussi. Me voici donc vendredi soir à l’aéroport avec Cécilia et Claire, stagiaires et VI à la mission économique, Xavier, copain de la seconde et Pauline, amie de longue date du couple, en vacances dans le coin et fraîchement débarquée de la Métropole la veille pour deux semaines. La magie des compagnies low-cost nous permettait de prendre des vols (des B737-300, ça c’est pour Seb) le vendredi après le boulot et le lundi en fin de journée pour pas rentrer trop tard. L’aéroport de Singapour est toujours le plus luxueux, le mieux organisé, le plus toussa de la planète. J’ai encore failli pousser des grands cris dans l’avion au moment du décollage mais je ne suis pas sûr que "Vas-y, Robert, envoie la purée ! VRAOOOOOOUUUUM !" aurait beaucoup parlé au pilote. Surtout s’il ne s’appelait pas Robert, ce qui peut arriver à plein de gens de ce côté-ci du globe.

L’arrivée au-dessus de la capitale thaïlandaise de nuit et par temps clair restera pour moi un des grands moments du voyage : des millions de petites loupiotes partout, des amas de points lumineux, des galaxies d’étoiles ampoulaires, des constellations autoroutières plus riches que n’importe quelle voie lactée, le spectacle était tout simplement fantastique.

La note de 1700 Bahts pour le taxi entre l’aéroport et notre guesthouse l’a été beaucoup moins, de fantastique. En gros 1€ = 50B. Ca représente pas des masses en soi mais on a compris qu’on s’était bien fait enfler sur ce coup-là quand le trajet dans l’autre sens nous est revenu à 450B. Histoire de bien looser, notre guesthouse avait perdu notre réservation et ne disposait que d’une chambre pour deux (superbe au demeurant). En échange, nous avons eu droit pour les trois personnes restantes à une nuit sur les matelas de la salle de massage de notre gentilhommière. C’était bien à l’arrache comme j’aime et finalement confortable et agréable, me permettant de dormir d’un sommeil de plomb malgré les deux filles prêtes à s’arracher mon corps toute la nuit durant. Ou pas.

Samedi matin, réveil pas trop tard, bon petit déj’ et installation dans des vraies chambres avant de partir à l’assaut de la ville. Ca commence par le grand palais et ses temples : c’est doré comme Achille aurait adoré y’a quelques années (aujourd’hui il ferait sans doute une moue blasée en déclarant péremptoirement que c’est trop chargé et trop brillant, qu’ils feraient mieux de tout repeindre en noir), ça brille de mille feux, les formes sont travaillées et magnifiques, y’a des statues de Bouddha partout (notamment celui d’émeraude), la végétation exubérantes agrémente le tout d’orchidées qui poussent ça et là. Les photos vous raconteront tout ça mieux que moi dans quelques jours. Pareil pour la visite du Bouddha couché qui a suivi, une gigantesque statue dorée au pieds incrustés de nacre.

Après ces premières émotions, nous sommes allé déjeuner dans un boui-boui local. Nouilles, cacahuètes, chili, crevettes, tout se mélange incroyablement bien, accompagné d’un jus d’orange. Le dit jus est assez spécial ; il provient de petites oranges à la peau verte mais extrêmement sucrées. En tous cas c’est succulent.

Balade digestive en long tail boat sur le fleuve Chao Phraya et dans les canaux avec quelques inévitables arrêts pour nous vendre la panoplie du parfait touriste, nous proposer des démonstrations de boxe thaï, du pain à jeter aux poissons, etc.

Petite erreur stratégique ensuite que d’aller se perdre dans Chinatown un samedi en fin de journée en pleine foire à la recherche d’un temple que nous ne trouverons jamais. Bon en échange, on aura humé l’air de la vraie ville, pas juste les odeurs de ce que la ville laisse pudiquement voir aux voyageurs curieux. Côté bagpackers et routards, nous avons été servi dans Khaosan Road : ambiance mélangée entre le bon gros roots planant, l’Asie bordélique, les jolies filles qui appâtent le chaland pour remonter la ligne jusque dans un bar (que le congres hait bien sûr), les européens qui étaient de passage et qui sont restés 35 ans et les jeunes thaïs qui sortent. Autant vous dire qu’après cette première journée riche en marche et en aventures, on a bien vite sombré dans un sommeil plein de rêves exotiques, non sans avoir au préalable réveillé les voisins de l’auberge (jolis les murs en bois, mais niveau isolation acoustique ils repasseront).

Nous avons passé la majeure partie de notre dimanche dans le grand maché de Chatuchak. Des milliers d'échoppes vous proposent vraiment de tout: des montres, des objets de déco divers et variés, de la vannerie, des vêtements (parfois d'occas). Les négociations des prix sont assez rigolotes, on peut faire chuter un prix de moitié en 4s chrono et batailler ferme pendant quelques minutes. J'ai jamais trop aimé ces discussions de marchands de tapis mais cette expérience me laisse penser que je m'y ferais assez vite. La fin de la journée s'est passée au sommet de la Baiyoke Tower 2, point culminant du génie civil Thaï, puis dans un nouveau boui-boui et enfin dans un bar le temps d'aller prendre un vers.

L'avion du retour réclamant notre présence à l'aéroport à 16h, notre lundi a été largement amputé. Mais comme j'en ai un peu marre de raconter tout ce qu'on a vu comme ça d'une traite, vous attendrez les photos.

Bref c'était très bien, ça m'a permis de changer d'air, de voir des têtes différentes et de déambuler un peu dans Bangkok. Je compte y retourner pour une période plus longue mais plutôt lors d'une étape de quelques jours sur le chemin du nord du pays, de ses rizières, de ses montagnes et de ses temples.