A la fin d’Harry Potter 7...
Par tOpaZ le 22 juillet 2007, 09:28 - à Singapour - Lien permanent
Juste parce que j’en ai tout petit peu marre d’entendre parler de l’apprenti sorcier ces derniers temps (on en parle plus que de l’iphone, c’est vous dire si ça matraque sévère dans tous les médias), j’ai décidé de me venger en vous révélant tous les secrets du dernier opus disponible depuis hier dans les librairies de Singapour et d’ailleurs.
Hahaha, non, je ne suis pas aussi vache. Au reste, pour vous parler du livre, encore faudrait-il que je l’ai lu, ainsi que les épisodes précédents, ce que mon esprit de contradiction et d’opposition aux courants majoritaires et au pourrissage médiatique m’interdit formellement.
Bon du coup, personne n’a du cliquer sur le lien et je peux raconter ce que je veux. Parlons d’opéra alors. Vendredi soir, je suis allé voir un concert du Symphonic Singapore Orchestra (SSO). C’est une des institutions mondiales de la musique classique. Les singapouriens ne sont pas de très bons musiciens en ce qui concerne les aspects création ou interprétation de la musique mais leur compétence technique est reconnue bien au-delà de leurs frontières. Dans ce contexte, la musique classique leur fournit un exercice musical de tout premier choix: on forme des musiciens un peu rigides mais avec un talent technique certain et un son impeccable; on fait venir un chef d’orchestre de l’étranger pour insuffler à cet ensemble de prodiges une vie propre; on se dote d’une salle de concert magnifique (l'Esplanade Concert Hall); on appelle les dons et les subventions à grand renfort de communication et le tour est joué. En un mot comme en cent, le SSO, ça cartonne.
Le concert de ce soir-là n’était pas composé d’un seul opéra mais de pièces célèbres tirées de divers chef-d’œuvres italiens. Grand mal singapourien, on va directement à l’essentiel sans s’encombrer de ce qu’il y a autour pour ne garder que le bagage de survie de tout un chacun s'il veut faire bien en société. Bon, c’était pas si grave en ce qui me concerne: puisque l’opéra italien n’est pas mon point fort, ça me faisait une agréable introduction à ce pan de ma culture classique jusque là assez indigente.
Mais ce qui faisait aussi l’intérêt de la soirée c’est la fine équipe qui était réunie pour l’occasion.
8 personnes, 7 nationalités. C’est vraiment pour ça que j’aime Singapour: ce
mélange qui nous fait découvrir des choses et des gens nouveaux en permanence.
Par exemple, hier j’ai appris à dire "santé" en finnois: "kippis" (ouais bon
après, on apprends les mots qu’on peut, hein). Mais c’est formidable de voir
que je parle ici plus souvent allemand que quand j’étais en France, que je
commence à connaître quelques mots d‘italiens et que j’étends lentement mes
notions d’espagnol. En plus, les filles en tenues de soirées, moi je dis
waouw.
Et le concert? Ah oui, donc j’ai pu vérifier que l’orchestre (sous la baguette d’Arthur Fagen) est excellent de précision, de son, de sensibilité, de finesse et de puissance. Gros point faible finalement, la soprano qui était invitée, Gao Manhua. Mais là aussi je pense que les asiatiques et les européens n’ont pas les mêmes perceptions de la voix. Pour les quatre personnes d’origine asiatique elle était irréprochable, pour mes coreligionnaires européens et moi-même elle ne cassait pas 3 pattes à un canard: elle manquait de coffre quand l’orchestre jouait plus fort que piano, elle n’avait pas la finesse ni la tessiture d’une vraie voie de cantatrice et de manière générale, elle était fade et un peu agaçante. Mais bon, il en aurait fallu bien plus pour me pourrir une si belle soirée.
Ah j’ai une dernière question pour nos experts en musique classique (papa? Louis? les autres?). Le programme nous offrait pêle-mêle du Rossini, du Mascagani (que je ne connaissait pas), du Puccini, du Verdi (que des inconnus... une programmation audacieuse, je vous avais dit), du Respighi (juste pour me faire mentir dans ma parenthèse précédente, une deuxième découverte de la soirée) et, et, et, eeet… du Bizet. Ca ne vous interpelle pas, vous, de retrouver du Carmen en plein milieu d’un concert consacré (concert consacré... jolie expression) à la musique italienne? Ou ai-je manqué quelque chose et Bizet a-t-il des liens particuliers avec l’Italie?

Commentaires
Bon, je viens de faire des recherches : à part un prix de Rome obtenu à 19 ans, rien ne permet de ranger Bizet dans les compositeurs italiens.
Peut-être que les Singapouriens font comme les français : leurs notions de géographie les amènent à identifier seulement des blocs de pays plutôt que les pays eux-mêmes suivant leurs délimitations terrestres ou culturelles. Moi-même quand je parle de cuisine chinoise, je ne sais jamais à qui appartiennent les nems, les pâtés impériaux, le nuoc man, etc...
Alors à Singapour, c'est peut-être pareil : Bizet, c'est Carmen; Carmen, c'est l'Europe du sud; et là, la confusion s'installe : Italie ? Espagne ? France ?....
Autre explication : il me semble que Carmen est l'opéra le plus joué au monde (mais je n'en suis pas sûr). Alors à l'affiche, ça attire forcément le client. C'est comme pour Royan en ce moment, avec les tournées des plages des orchestres de solistes des opéras de différentes villes européennes (Cologne, Prague,usw.) qui nous proposent immanquablement un extrait des "Quatre saisons" de Vivaldi ou la "Petite musique de nuit" de Mozart. Ou encore pour un tout autre public, jouer à un même concert "Double Je" de Christophe Willem, "Are you ready ?" de Pakito ou "J'aime trop ton boule" de Fatal Bazooka...
(Bon, pour cette dernière phrase, c'est un peu de la frime de ma part : je veux montrer à quel point ma culture musicale s'est étendue d'un coup en ce début d'été.)
Il est très possible que la présence de Bizet dans le programme de la soirée de vendredi puisse être expliquée par le seul fait que "it's so fucking famous!" Je suis d'accord avec vous, ils sont vulgaires ces singapouriens; on ne dit pas "fucking famous" d'un compositeur de musique classique, même "famous". C'est parfaitement honteux et je vais de ce pas m'en plaindre à mon collègue de bureau.
Sinon, j'imagine très bien gogo en maillot de foot US XXL et shirt aux chevilles, avec le gros bling-bling au bout de la chaîne en or, les tatouages, le cigare, le rail de coke, la limousine et en train de jeter des billets de 100$ à des biatches qui dansent en mini-short tout autour de lui sur du Fatal Bazooka.
Je ne connaissais pas non plus Pakito et j'avoue que quand on a son talent musical ( http://www.youtube.com/watch?v=QSIF... ), il ne faut surtout pas s'arrêter de faire des clips :P
La découverte de ces grands artsites de l'été n'a été possible que grâce à mes élèves (...de CM2 !) qui sont les plus fervents admirateurs de ce genre-là !
Haha hah hahah ha. Ha.
Carmen? Y a un rapport avec Alerte à Malibu ?
(woké, bon je vais arrêter les frais en inculture, je vais me retrouver avec une cassette de l'opéra dans ma boite aux lettres sinon...pis je vais aussi arrêter les blagues nulles par la même occasion)
C'est le camp de rééducation qui te guette, Seb !
(J'ai des amis très bien placés pour cela...fais gaffe !)
"8 personnes, 7 nationalités. C’est vraiment pour ça que j’aime Singapour: ce mélange qui nous fait découvrir des choses et des gens nouveaux en permanence."
Je ne veux pas faire le blasé de service mais c'est faisable à Paris. Rien que dans mon bureau, nous sommes 5: 5 nationalités, 4 continents représentés. :)
J'atteins le 200% dans mon bureau, ou pour 1 personne il y a 2 nationalites. Et comme j'ai appris qu'il n'etais pas possible d'avoir trois nationalites (allez savoir pourquoi 2 mais pas 3), ce record est imbattable.
Bon sinon on ne t'as toujours pas donne la bastonnade Aurel? C'est un de mes souvenirs de Singapour quand j'habitais a Hong-Kong: ils avaient donnes 500 coup de batons a des jeunes qui avaient craches leur chewing-gum dans la rue (ou peut etre avaient-ils fait des tags ou peut etre encore que ma memoire defaillante et ma jeunesse exacerbe ont exagere l'affaire).
Haha jéjé, pas mal en effet.
Mais tu as ton bureau à toi tout seul ? C'est donc toi le plus influent de nous tous.... Et Ramm est en open space... tirez en les conclusions que vous voudrez
On peut avoir un passeport d'un état sans en avoir la nationalité? Je connais une fille ici qui a 3 passeports. Pê que c'est une espionne en fait. Oui, je mène une vie dangeureuse, trépidante, pleine d'aventure, de belles femmes et de lundis minables...
salut toi!!
rien à voir mais je suis allé voir transformershier soir et c'etait trop bien!!!
sinon je crois que tu peux avoir un passeport par nationalité (comme moi), et le fait d'avoir plusieurs nationalité est surtout limité par la legislation des différents pays, en effet dans beaucoup de pays le fait d'acquérir lanationalité t'oblige à renoncer aux autres
Moi je connais des personnes qui ont deux passeports français valables. Peut être qu'elle est dans la même situation car sur wikipédia il est largement fait mention de la double nationalité mais jamais de la triple ou alors il faut consulter la page de la DGSE. :)
D'après ce que vous dites, la triple nationalité a l'air d'être impossible en France... ou du moins avec la nationalité française dans le lot. Donc la question est : la fille aux 3 passeports a-t-elle un passeport francais? Ou même mieux, c'est quoi ses 3 passeports? Je ne vois pas pourquoi certains pays n'autoriserait pas plus de nationalité.
Ca me depasse aussi.
Sinon j'ai change de bureau. J'ai echange mon bureau prive pour un bureau genre cubicle, mais le genre de cubicle que les PDG auraient, s'il existait des cubicles pour PDG.
Toujours est-il que je suis tombe a: 6 personnes, 4 nationalites...la honte.
La fille au 3 passeports m'a confirmé hier qu'elle avait bien 3 nationalités dont la française... Vous l'avez tous dans l'os :)
Bon, week-end à Tioman, le post est dans le tuyau mais il va me falloir un peu de temps pour le terminer alors vous allez encore poireauter un peu. Les photos sont sur picasa, histoire de vous faire baver un peu...