Vendredi soir, l'Ambassade fêtait le 14 juillet avec un jour d'avance pour éviter les désertions de fin de semaine autour d'un cocktail dînatoire. Ambiance assez pompeuse au début, mais le champagne et le vin aidant, les nœuds de cravates se sont ensuite desserrés. C'était même finalement assez sympa et je serais bien resté plus longtemps près du meilleur buffet de dessert que j'ai approché en 24 ans si je n'avais pas rendez-vous au Bellini Room avec d'autres amis pour écouter du jazz. Bon, en fait de jazz, c'était une demi-heure d'un orchestre vaguement swinguant pour une trois quart d'heure de House. Mais bon, on était là avec des gens sympa et des jolies filles, j'allais pas faire mon chieur. La soirée s'est finie très sagement dans les 2h et je suis allé me coucher avec pour seule perspective des deux jours suivants rien d'autre que glander, glander et glander encore un peu.

Niveau glande, j'étais bien parti samedi matin jusqu'à ce qu'un barbecue en bord de piscine ne se rappelle à mon bon souvenir. J'y suis allé sans grande motivation mais j'ai bien fait parce que j'ai rencontré quelques nouvelles têtes fort sympathiques et j'ai pu mener quelques expériences très concluantes sur la flottabilité d'une bouteille de vodka à moitié pleine ou la couleur rouge des carreaux d'une piscine mosaïquée de bleue et de jaune. Pour couronner le tout, j'ai même résisté aux sirènes des boites de nuits qui s'offraient à moi pour me payer une bonne grosse nuit de sommeil.

Une grasse mat' et une heure à regarder le soleil tomber sur mes orteils dans ma piscine plus tard, je me retrouvai sur la route de Sentosa (îles dont j'ai déjà parlé ici) pour aller passer la fin de la journée et la soirée sur une plage et un bar au bord de l'eau. Le Cuba Libre y est le moins cher de Singapour (9 S$, moins qu'une bière en Europe), des amis venaient de se mettre en couple, je n'ai pas eu le temps de profiter du jacuzzi (mais je reviendrai et ma vengeance blablabla), les femmes étaient belles et la musique bonne. Bref, for-mi-da-ble.

Après deux jours de bonheur superficiel déconnecté de la réalité, la chute a été dure. C'est une singapourienne mignonne comme un coeur qui m'a poussé. Il était 14h30, je discutai avec un chercheur local dans l'entrée d'un luxueux hôtel de la Cité-Etat en attendant quelque officiel français en visite. On avait bien mangé, je somnolai doucement dans un fauteuil un peu trop moelleux. Et elle, voilà qu'elle se pointe, baladant sa micro-jupe et son petit haut moulant au bras d'un gros bonhomme de 60 ans, l'air arrogant et l'œil lubrique. Des filles comme ça, on en croise souvent à Singapour et j''aurai pu profiter du spectacle comme d'habitude, mais la seule chose qui m'est passé par la tête à ce moment-là, c'est l'arrière-goût de mes shrimp wanton noodles (voir ici, c'est bien meilleur que ça en a l'air) du midi. Et puis je me suis dit que vomir, là, en plein milieu d'un hall si chic, c'était pas vraiment donner une très bonne image de la cuisine locale. En plus j'aurais taché ma cravate. Alors je me suis retenu. Les réunions de l'après-midi, vaguement soporifiques et parfaitement inutiles, ne m'ont pas ôté de l'esprit ces deux êtres que 40 ans séparaient et que 200 S$ réunissaient.

Tu vois Legzo, c'est pas si glamour la vie près de l'équateur des fois...

P.S.: Ce soir j'ai mis du curry sur mon pantalon en dînant. A ce compte-là, j'aurais mieux fait de gerber.