Le plan de départ était un peu compliqué. D’une simple escapade entre amis, on est passé à deux groupes (11 et 10 personnes... super intimiste comme petit cercle d’amis...) qui partaient le vendredi soir et le samedi matin respectivement, logeaient à 700m l’un de l’autre et ne se sont vu finalement que l’espace d’un samedi soir. Bon moi, histoire de pas me lever avant le soleil samedi (je me rattraperai plus tard, vous allez voir), je partais le vendredi soir après le boulot. Ca m’a d’ailleurs permis de réaliser un fantasme: me balader en tenue de plage sur mon lieu de travail qui ne me voit habituellement qu’en pantalon-chemise-a-la-rigueur-cravate-veste. Bref, on se retrouve coincés dans un van vers 19h30 sur la route de la Malaise (c’est l’heure de la débauche et des départs en week-end). La douane est une horreur, il faut faire la queue et, comme d’habitude, mon guichetier découvre pour la première fois un passeport de service et bloque la file pendant 10 minutes avant de me dire que tout va bien y’a pas de problème. Une heure pour faire 2km, ça commence bien.

Changement de chauffeur du côté malaisien de la frontière, et nous voilà partis dans la nuit sur les routes défoncées sans lumières au nord de Johor Bahru. Le minibus semble montrer des signes inquiétants d’instabilité d’autant que nos deux compagnons de voyage allemands, Oliver et Florian, qui carburent à la bière depuis le départ chauffent le pilote pour qu’il pousse un peu son véhicule à ses limites. Ajoutez à ça qu’il ne pleuvait pas mais qu’on voyait des orages partout autour de nous à quelques kilomètres et des éclairs tomber toutes les 10 secondes et vous aurez une assez bonne idée de mon état de confiance... On a été assez content de poser le pied sur le sol une fois arrivés à destination. Le dit pied ne sera pas resté longtemps sur le dit sol puisqu’on a directement embarqué sur le bateau-taxi de notre hôtel, une magnifique goélette de 60 pieds et 120 tonneaux. 20 minutes à pleine vitesse dans le noir, le visage fouetté par une légère brise et les embruns tièdes d’une mer de chine qui ne nous révèlera sa couleur et sa transparence qu’au soleil du lendemain.

L’hôtel est composé d’un assemblage de cabanes sur un bord de plage ; le sable est légèrement humide (un peu comme quand il a plu mais pas très longtemps ; sous quelques centimètres de sable mouillé, on retrouve des grains doux plus secs), on est accueilli dans un bar et une salle à manger / petit salon sans murs d’où on entend et voit la mer (ne serait-ce la nuit et la sono du bar...), ça sent l’iode, il fait doux, la chaleur étant contrebalancé par l’air marin, on est loin des embouteillages et des building d’il y a 4h. Les tenants sont des anglais qui vivaient en Australie depuis des années et qui ont profité de leur retraite pour venir s’installer ici ; ils sont là avec un australien et une belge d’une trentaine d’années (un peu plus pour lui, un peu moins pour elle sans doute), quelques employés locaux pas très bavards et deux chiens aussi mous que Legzo à la simple évocation du mot "sport". Après un repas tardif, on boit quelques verres et on baisse le rideau pour rêver aux deux jours suivants qui s’annoncent décidément très bien.

notre bungalow: miam!

Samedi matin, je me lève tôt (8h30) pour profiter du calme matinal et lire sur la plage une petite heure (j'ai commencé Peter Pan en anglais, c'est compréhensible mais laborieux). Le temps que tout le monde émerge et on se retrouve tous à petit déjeuner dans les 10h. Puis plage, baignade dans l’eau chaude. Le soleil est légèrement couvert mais on sent que ça cogne assez dur et que le coup de soleil n’est pas loin. Après-midi Snorkeling : palme, masque et tuba pour aller voir des récifs coraliens avec des poissons partout. Bon c’est pas de la plongée bien profonde hein, on reste à deux ou trois mètres de la surface ou à glandouiller le dos affleurant hors de l’eau. C’est un peu la plongée du glandeur. A noter que la plupart des malais ne sachant pas nager, quand ils vont snorkeler (mais bien sûr que ça existe comme mot), c’est avec un gilet de sauvetage. Effet comique garanti. J'ai pu voir des chouettes bestioles mais je serais bien incapable de vous dire ce que c'était. Il y en avait un pas très gros, bleu/violet translucide avec une raie jaune fluo au milieu qui me plaisait beaucoup. Pour moi, le terme technique c'est "joli poisson" mais Heidi a peut-être mieux.

Bon après une journée remplie comme ça vous pensez bien qu’on est allé se coucher tôt complètement harassés par tant d’effort. Ouais bon en fait avant ça, on a mangé comme des morts de faim et fêté les 30 ans d’une singapourienne qu’on ne connaissait pas. Et puis l’autre groupe ("o-thers" pour ceux qui regardent Lost) est arrivé et on a un peu fait la fête. Et puis certains sont allés se baigner à la lumière de la Lune (et d'un projecteur super puissant mais c'est moins glamour). Et puis on a discuté la moitié de la nuit sur la plage. Et puis quand tout le monde est parti dormir, je suis resté attendre le soleil. Et je me suis couché à 8h30 le dimanche matin finalement.

on en trouve 100 000 des comme ça sur google,
mais celle-là, c'est moi qui l'ai faite!

Quand j’émerge un peu vaseux à 11h, je rejoins tout le monde au petit déjeuner. Les regards sont dans le vague, les discussions un peu décousues et les esprits pas très éveillés. Mais bon, il fait un temps vraiment superbe et après deux heures dans l’eau on se sent un peu plus vifs. Et déjà, il faut penser au départ. Le temps de sécher au soleil, de discuter, de faire les sacs, de régler la note (moins de 125€ tout compris, j’ai vu pire) et on est a nouveau harnachés dans les gilets de sauvetage et sur le trajet du retour...

Et voilà comment, je suis arrivé au bureau plus fatigué lundi matin que vendredi soir. Mais plus bronzé aussi (et presque sans coups de soleil, l’exploit). Je me suis fait un peu (beaucoup) manger par les moustiques mais je n’ai pas la dengue (une fièvre locale qui frôle le stade épidémique depuis quelques temps dans la région). Histoire d’être sûr que tout cela ne me manque pas trop, je réfléchis à y retourner à la fin du mois: cette fois, ça sera Tioman et ça sera pour la Farewell Party de quelqu’un qui retourne à ses études amsterdamoises. Vivement dans trois semaines.

Je regrette aussi un peu de ne pas encore avoir vu la Malaisie, la vraie. Parce que les îles paradisiaques et les resorts, c’est pas idéal pour se rendre compte de comment est vraiment la vie des gens là-bas. Un petit voyage dans les terres s’imposera plus tard...

P.S.: Bourdil j'oubliais les photos!