5h30. Le biiiip-biiiip-biiiip de ma montre m’annonce qu’il est l’heure de se lever. Je m’attendais à ce que le réveil soit pénible après la sortie (certes raisonnable) d’hier soir ; je suis finalement agréablement surpris. J’ai même ouvert un œil à 5h20 pour regarder l’heure. Une douche, un maillot, un ballon dans le sac et en route. Je ne suis pas trop verni pour l’occasion puisque le Ferry Terminal est à peu de choses près à l’autre bout de Singapour. Il est un peu tôt pour compter sur les bus qui de toute façon mettraient trop de temps à m’acheminer donc j’ai retenu l’option taxi. Evidemment à 6h du mat, les taxis ne courent pas trop les rues. J’en trouve pourtant un assez facilement qui, coup de bol, se rend à un rendez-vous et je suis justement sur son chemin. 30 minutes d’autoroute et je suis au Ferry Terminal à 6h45 pour un rendez-vous fixé à 7h. Le soleil commence à poindre, la brume se dissipe, il fait frais, j’attends les autres en regardant la mer s’échouer paresseusement à quelques mètres.

Tout le monde arrive à l’heure dite. Comptons-nous :

  • Julia est l’initiatrice et l’organisatrice du projet. Une expérience précédente lui a déjà donné les bonnes adresses, les marches à suivre et les tarifs. La belle blonde est en stage à Singapour chez McKinsey et nous quitte dans moins de deux semaines (et c’est beaucoup trop tôt !).
  • Laura et Louisa sont deux de ses amies française, camarades de promo de l’ESCP. Elles sont dans la région pour 6 semaines mais ne devraient pas passer beaucoup de temps à Singapour, leur projet étant de faire un tour des villes et des pays de l’Asie du sud-est.
  • Megi est une amie bulgare. Détail qui réjouira tout centralien qui n’a pas séché les cours de construction mécanique en général et les génies méca en particulier, elle bosse à Singapour chez SKF.
  • Min enfin, est autrichien. Oui, ça peut paraître étonnant quand on le voit ; il est assez éloigné du typique grand blond aux yeux bleus des alpes mais ses parents ont pas mal bougé un peu partout. Je suis très jaloux de ses compétences linguistiques: le bougre parle en effet chinois, anglais, allemand et un peu de français.

Voilà, avec moi ça fait 6. Petit comité; parfait pour prendre le temps de discuter avec les gens.

 

Une fois nos billets retirés, nous passons la douane. Un café en attendant l’embarquement et nous quittons la cité-état vers 8h. Il y a une heure de décalage entre Singapour et l’ouest indonésien, nous arriverons donc à 8h. Min s’est trouvé deux amis pour le voyage, Hamza et Aïda, jumeaux de deux ans un brin agités mais adorables. Sauf qu’ils voulaient dessiner sur mon passeport et ça c’est très mal. Le visa de gribouillis-land, bof quoi. Courte attente pour les formalités administratives à l’arrivée (j’ai un nouveau tampon dans mon passeport mais je me sens bien ridicule face aux carnets remplis de Julia, Min ou Laura), puis négociations menées de main de maître par Julia pour la location du véhicule et la plage. Ah oui, parce que l’essentiel des plages sont privées ici, et donc payantes. Enfin payer 2,5€ pour avoir accès à une plage entretenue, équipée, des serviettes, la piscine, le jacuzzi et tout le bonheur matériel imaginable, on ne va pas pleurer.

A 9h30, on est en train de patauger dans une mer en pleine marée basse. Eau verte, soleil de plomb, plage de sable blanc quasi déserte, hamac, palmiers, bonheur. En attendant que l’eau monte, on décide de profiter de la piscine et de l’ombre des arbres exotiques sur la plage. Alors que nous discutions dans le bain à bulles avec Min, nous avons été abordés par deux charmantes coréennes en vacances qui voulaient faire des photos avec nous. J’ai envie de dire all riiiiiight ! Histoire de ne pas abandonner nos compagnes de plages, nous nous sommes limité à un échange de mail pour conclure un moment fort sympathique. Min est persuadé d’avoir assisté à un échange d’informations top-secrètes entre des agents sous couvertures nord-coréen et français. J’espère que vous rendez compte de la chance que vous avez eu de nous revoir, les filles !

 

Déjeuner dans un bar autour de la piscine (il y avait un bar dans la piscine mais on a pas testé), après-midi jeux de plage, baignade (la mer était remontée), glande et il est déjà l’heure de quitter ce paradis de la détente. J’ai quand même eu le temps de commencer Malaisie de Henri Feauconnier. Si le Prix Goncourt qu’il a reçu est mérité - je n'en doute pas vraiment -, je vous ferai un article un de ces jours. Nous prenons le ferry de 17h et arrivons à 19h. Re-contrôle des passeports, attente d’un bus, puis MRT, re-MRT, re-bus. J'arrive chez moi vers 22h. Ce n’est qu’après une douche que je me suis rendu compte que j’avais bien rougi des oreilles, des épaules et de la nuque. Bigre.

Je suis donc obligé de passer mon dimanche devant mon ordinateur pour éviter le soleil. Si si, je suis obligé. Ou alors je vais dans la piscine qui est maintenant à l’ombre. Bilan de mon samedi : un lever matinal, 4 jolies filles en bikini avec qui je devrais garder le contact, deux espionnes coréennes, des coups de soleil et une énoooorme dose de bonheur. Merci Julia d’avoir organisé cette journée pleine de toutes ces belles images! Demain j’irai exhiber mes brûlures à mes collègues du labo en me souvenant de tout ça. Chouette.

Toutes les photos sont .