Tous les matins, je vais au boulot en bus. Vu la distance, les horaires et mes souvenirs du bus parisien, je m’inquiétais un peu au départ. Mais j’avais tort. En fait c’est bien pire que ce que j’attendais. Déjà il faut savoir qu’il y a deux compagnies de transports à Singapour et qu’elles ne s’entendent pas très bien. Chacun a ses bus, ses chauffeurs, ses terminaux, son site internet, son planificateur de trajets, ses horaires, etc. La première conséquence directe c’est que pour trouver le trajet optimal en bus d’un endroit à un autre, il faut passer une demi-journée dans les plans ou une semaine à se perdre (devinez quelle option j’ai choisie…).

Et puis ce n’est pas le désir d’informer le touriste qui les étouffe. Sorti des lignes et des arrêts de centre-ville, on ne trouve plus aucune indication sur le trajet d’une ligne. Où va quel bus ? Quels arrêts dessert-il ? Où en sommes-nous sur la ligne ? Quand passe le prochain ? Oubliez toutes ces questions et prenez un taxi si vous voulez absolument arriver à l’heure. Parce qu’une autre caractéristique des planificateurs d’itinéraires ici c’est leur optimisme : un trajet annoncé pour 15 minutes peut faire 2 heures si vous avez une correspondance. Il faut dire que deux bus qui se suivent théoriquement à un quart d’heure de différence peuvent avoir 40 minutes d’intervalle.

Et vous pensiez trouver un plan de la ligne ou du quartier sur un abribus ? Jeunes prétentieux ! En raison du nombre élevé de lignes de bus, les sociétés de transports n’ont jamais eu le courage de faire une carte avec les trajets suivis par leurs véhicules. Allez savoir où est la meilleure correspondance dans ces cas…

De manière générale, les singapouriens n’aiment pas trop les plans. La représentation papier 2D doit leur sembler dépassée ; chacun a un accès au net sur son portable à partir duquel il accède à http://www.streetdirectory.com. Comme par contre moi j’aime ça et que je suis sympa je vous ai fait une carte de ce que j’endure tous les matins.