Il était prévu que je passe mon jeudi matin à l’ambassade et que j’aille me présenter à mon labo (I²R, Institure for Infocomm Research. NON C’EST PAS DES TELECOMS) pour prendre mes fonctions à 14h. Gars prévoyant, je fouille le net, récupère une adresse, regarde des plans et imprime le trajet à suivre en bus (un changement). Prévoyant mais précautions utiles dans une ville inconnue dans un pays inconnu sur un continent inconnu. Bref j’étais blindé. Je quitte l’ambassade à midi en me disant que comme ça j’ai bien de la marge et que je mangerai sur la route.

Je pars confiant et je trouve tout de suite le bon premier bus. Plein d’assurance, je descend même au bon arrêt. Là un truc me turlupinait (comme les rentes) un peu : mon itinéraire me disait de traverser la rue, de marcher 250m pour prendre un bus qui passait déjà à l’arrêt où j’étais. Les indications sur les abribus et dans les transports sont assez lapidaires, si bien qu’on ne sait pas trop où on va si on ne connait rien. "Ne fais pas le malin, tu vas te retrouver à perpet’ les oies, tu vas louper ton arrivée à I²R, tu vas être viré, ta femme te quittera, tes enfants te renieront, tu deviendra alcoolique, tu rateras ta vie et personne ne viendra à ton enterrement. Suis à la lettre ce que dit ton plan et ne pose pas de questions". Bref je traverse la rue. Coup de bol, y’a justement un bus de la bonne ligne qui arrive. Comble du bonheur, une jolie fille s’y jette aussi. Aucun doute, elle veux se rendre à mon bureau où elle a entendu dire qu’un beau gosse va bientôt s’installer. Donc je monte toussa. Et puis là début du stress quand je vois que le bus ne prends pas trop la bonne direction. Après 15 minutes je me rends compte qu’il va même exactement dans le sens opposé. Je descends un peu dépité et demande au chauffeur pourquoi je ne suis pas où je suis supposé être. "bouillie bouillie bouillie" me répond-il avec un grand sourire. Ou alors j’ai mal compris mais ça m’étonnerait. Bref, je suis parti avec le bus dans le mauvais sens. Bon pour manger ça s’annonce moins bien.

Pas de panique, je vais aller reprendre le même dans l’autre sens. 20 minutes d’attente avant le bus suivant, j’irais embaucher direct sans manger. Mais au moins je serais à l’heure. Après 18 arrêts dont les noms ne me disaient rien, j’entrevois enfin le bout de mon voyage. "Mais, mais, mais, ce bâtiment ne ressemble pas du tout au labo ! Qu’est-ce que c’est que ce bordeeeeel ?!". Re "bouillie bouillie bouillie" à l’accueil de cet immeuble qui n’est pas le mien pour comprendre que je ne suis pas au bon endroit, qu’il y avait deux adresses sur le site internet et que pour moi c’est l’autre. Argh !

Je repars comme une fusée, j’alpague un taxi qui zonait dans le coin et je lui explique mon cas. Bien entendu il ne connait pas du tout I²R et je n’ai pas l’adresse. Le chauffeur bienveillant me conduit à un plan où le labo n’est pas indiqué. J’ai par contre un éclair en voyant le nom d’une rue. Je crois bien que c’est ça. Je tente le coup et je le dirige au pif. Bingo ! J’y suis enfin. Il est 14h05, j’ai failli mourir de stress (hé oui il m’arrive aussi de stresser) deux fois mais j’y suis avec juste 5 minutes de retard. La politesse quoi.

"Et le labo ?" vous demandez-vous ? Pas grand chose à en dire pour l’instant : j’ai un cobureau de 33 ans sympa, l’équipe a l’air accueillante et on m’a demandé deux fois si j’étais marié. Ah ouais si quand même, un truc génial. J’ai un ordinateur avec une souris tout à fait magnifique : jaune fluo et blanche avec de l’eau et des paillettes dedans. Il faut absolument que je vous montre ça, une photo bientôt.

En attendant, mon nom est sur la plaque de ma porte et je suis dans les annuaires du service. Les choses sérieuses vont pouvoir commencer !

edit: chose promise, chose due: